Pauvreté dans le Var : le Secours populaire varois tire la sonnette d'alarme
Pauvreté dans le Var : l'alerte du Secours populaire

Le Secours populaire français a présenté, vendredi 18 septembre, les résultats de son baromètre annuel réalisé avec l'Ipsos. Le constat est jugé « alarmant » par Olivier Masini, secrétaire départemental du Secours populaire du Var. Selon ce bilan, plus d'une personne interrogée sur deux a connu récemment une situation de privation due à sa situation financière, un chiffre supérieur à celui des autres pays d'Europe de l'Ouest.

40 % des actifs ne s'en sortent plus

Le chiffre interpellant de ce bilan est que 40 % des personnes interrogées affirment désormais que leur activité professionnelle ne leur permet plus de couvrir leurs dépenses du quotidien. Cette détérioration affiche un bond de dix points supplémentaires en un an. Au total, 26 % des sondés estiment être aujourd'hui en situation de précarité, plus des trois quarts (77 %) mettant directement en cause l'insuffisance de leurs revenus. « Avec le Smic, on ne peut plus joindre les deux bouts », résume Olivier Masini.

Selon le bilan Secours Populaire et Ipsos, 33 % des Français ont du mal à payer leur loyer ou leur emprunt immobilier, contre 28 % l'année dernière.

Une fracture sociale plus lourde en Paca

Cette réalité frappe particulièrement fort le sud-est. Selon l'Insee, 15,4 % des Français vivent en dessous du seuil de pauvreté contre 17,3 % de personnes en Paca. « Le coût de la vie est plus cher en Paca qu'ailleurs », souligne le responsable associatif. Dans les permanences d'accueil, la fracture est visible. « Ce sondage est très alarmant et cela se répercute au quotidien : il y a de plus en plus de monde et surtout, il n'y a plus de profil type », poursuit Olivier Masini. « Depuis la crise sanitaire, nous voyons arriver des étudiants, des jeunes retraités… Et la tendance va encore s'aggraver avec la flambée des prix de l'énergie et l'inflation. »

Accès aux droits et solidarité en résistance

Face à cette poussée, l'association s'appuie sur quatre à cinq temps forts par an. « Nous faisons des campagnes trimestrielles », rappelle le secrétaire départemental. L'action ne se limite pas à l'aide d'urgence : « le but, c'est aussi de faire en sorte que tout le monde ait accès aux mêmes droits : vacances, culture, loisirs ». La demande explose. Lors de l'opération estivale « Les oubliés des vacances », dans le Var, 350 personnes sont parties, contre 100 à 200 il y a moins d'une décennie.

L'engagement bénévole et citoyen résiste contre cette recrudescence. L'élan de générosité enregistré lors des incendies de l'été l'a illustré. « Nous ne ressentons pas la montée de l'individualisme, les gens continuent de donner, affirme Olivier Masini. Ils sont attachés à nos valeurs et à notre totale transparence, cette aide inconditionnelle, nous y tenons. »