Le vrac n'est plus une niche. En 2025, les ventes de produits en vrac ont augmenté de 30% par rapport à l'année précédente, selon l'Observatoire du vrac. Cette progression est portée par l'ouverture de nouveaux magasins spécialisés en centre-ville, qui attirent une clientèle soucieuse de l'environnement et de son porte-monnaie.
Un marché en pleine expansion
L'Observatoire du vrac, qui regroupe les acteurs de la filière, recense désormais plus de 1 200 points de vente dédiés au vrac en France, contre 800 en 2023. Les supermarchés traditionnels emboîtent le pas : Carrefour a annoncé l'extension de son offre vrac dans 200 magasins supplémentaires d'ici fin 2026. « Le vrac est devenu un argument commercial majeur », explique Céline Leclerc, directrice de l'Observatoire. « Les consommateurs veulent maîtriser leurs achats et réduire les emballages. »
Des consommateurs urbains et engagés
Les clients type sont des citadins de 25 à 45 ans, vivant en couple ou en colocation, avec un budget courses mensuel moyen de 350 euros. Ils privilégient les produits bio et locaux. « Je viens ici pour les pâtes, le riz et les épices », témoigne Marie, 32 ans, rencontrée dans un magasin Day by Day à Paris. « Je paie moins cher qu'en supermarché et je ne génère presque plus de déchets plastique. » Selon une enquête de l'Ifop pour l'Observatoire, 68% des Français déclarent avoir acheté au moins un produit en vrac en 2025, contre 54% en 2023.
Un modèle économique viable
Les magasins spécialisés, comme Day by Day ou La Vie Claire, misent sur des marges réduites et des volumes importants. « Notre modèle tient grâce à la fidélisation et à une gestion rigoureuse des stocks », indique Julien, gérant d'une enseigne à Lyon. Le panier moyen y est de 25 euros, contre 35 euros en grande surface. Cependant, le secteur fait face à des défis logistiques : la conservation des produits secs et l'approvisionnement en circuits courts restent complexes.
Vers une généralisation du vrac ?
Le gouvernement encourage cette tendance via la loi Agec (anti-gaspillage pour une économie circulaire), qui fixe un objectif de 20% de vrac dans les grandes surfaces d'ici 2030. Des expérimentations de « zones vrac obligatoires » sont menées dans plusieurs villes. « C'est un changement de paradigme », conclut Céline Leclerc. « Le vrac n'est plus une alternative, il devient la norme pour une partie croissante de la population. »



