Journée de solidarité : bilan mitigé 20 ans après la canicule de 2003
Journée de solidarité : bilan mitigé 20 ans après

En juillet 2025, alors que la France sortait de sa première canicule estivale, le Premier ministre François Bayrou proposait de supprimer deux jours fériés pour réduire le déficit budgétaire. Cette idée, rapidement oubliée, rappelle la création de la « journée de la solidarité » après la canicule de 2003, qui avait causé plus de 15 000 décès.

Une journée de travail supplémentaire pour financer l'autonomie

La journée de solidarité a été instaurée par une loi votée à l'Assemblée nationale, où siégeait alors le jeune député Bayrou. Elle se traduit par la suppression du lundi de Pentecôte comme jour férié, remplacé par une journée de travail supplémentaire non rémunérée. Les entreprises versent à l'État une cotisation de 0,3 % de leur masse salariale brute. En 2023, cette cotisation a rapporté 3,2 milliards d'euros, contre 2,3 milliards à ses débuts. Ces fonds alimentent la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), une branche de la Sécurité sociale dont le budget s'élève à 42,5 milliards d'euros.

Un financement crucial pour les Ehpad et les soins à domicile

« Très concrètement, tous les Ehpad, les soignants que vous avez dans les Ehpad sont financés par les journées de solidarité. Tous les accompagnants au domicile des personnes en situation de handicap sont aussi en partie financés par la journée de solidarité », a expliqué en mai 2025 sur TF1 Maëlig Le Bayon, directeur de la CNSA. Grâce à ces fonds, tous les Ehpad et services hospitaliers disposent d'au moins une salle climatisée.

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Des accusations de détournements de crédits

Cependant, tous les fonds récoltés n'ont pas bénéficié aux personnes fragiles. En 2009 et 2017, l'association AD-PA (directeurs d'établissements pour personnes âgées) alertait sur des « détournements de crédits » réaffectés à d'autres usages, chiffrés à 6 milliards d'euros en 2018.

Une seconde journée de solidarité envisageable ?

« C'est l'illustration d'un problème général de la politique sociale française qui veut tout faire », observe André Lardeux, rapporteur de la loi au Sénat en 2003. « À l'époque, je disais déjà qu'une journée n'était pas suffisante d'autant qu'on l'avait élargie aux personnes handicapées. » Interrogé sur la possibilité d'une seconde journée de solidarité, il répond : « L'idée de cette journée avait été largement approuvée au début, mais plus on s'éloignait de l'événement, moins les gens étaient partants. »

« Le contexte politique actuel est très défavorable. Avec peu ou pas de majorité, un calendrier électoral qui arrive [élection présidentielle en 2027, suivie de probables élections législatives] et une Assemblée peuplée de fous. L'ordre du jour ce [vendredi] matin est un débat sur la loi "euthanasie", remarquez ça peut être une solution », raille l'ancien sénateur UMP du Maine-et-Loire, retraité du Parlement en 2011. Il ajoute : « L'un des grands problèmes en France reste qu'on ne travaille pas assez sur une vie, même si cela est désormais facile à dire pour moi. »

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