Insuffisant rénal, il part à vélo de Montpellier à Lisbonne
Insuffisant rénal, il part à vélo de Montpellier à Lisbonne

Théo Capitani, 35 ans, atteint d'insuffisance rénale chronique, s'apprête à réaliser un road-trip à vélo de Montpellier à Lisbonne, un parcours de 2 200 kilomètres, avec un départ prévu le 1er septembre. Il effectuera ce trajet en un mois environ, en s'accordant des pauses tous les deux jours pour sa dialyse, son traitement de suppléance rénale qui nettoie le sang des toxines et de l'eau en excès. Son objectif : démontrer que la maladie chronique ne doit pas empêcher de réaliser ses projets.

Un défi personnel et un message d'espoir

Théo Capitani, qui vit à Montpellier, confie avoir longtemps repoussé ce voyage à vélo. « Je me suis toujours privé de faire ce voyage à vélo, je me disais que je pouvais faire ça qu'en un jour à cause des rendez-vous à l'hôpital tous les deux jours », raconte-t-il. Il réfléchit à ce projet depuis quatre mois et a finalement décidé de se lancer : « Mais au final, il n'y a aucune raison pour que ça me barre la route », affirme-t-il. Pour préparer son périple, il a réservé ses 15 dialyses à l'avance, en France, en Espagne et au Portugal.

Atteint de cette maladie chronique depuis sa naissance, Théo a connu plusieurs complications, dont une aggravation sévère en 2020, alors qu'il avait trente ans. « J'ai eu une greffe pendant neuf mois à ce moment-là, mais qui a échoué parce que j'ai eu le covid et qu'on a dû me retirer les médicaments que je prenais, de peur que ça affaiblisse trop mon système immunitaire », se remémore-t-il. Après cette épreuve, il a mis du temps à se réinscrire sur la liste d'attente pour une nouvelle greffe. « Le mois d'hospitalisation après l'échec était hard, j'ai perdu beaucoup de kilos, je ne pouvais plus rien faire. Je n'étais pas prêt à en redemander une. » Il s'est finalement repositionné il y a deux ans. En attendant, il est dialysé la nuit dans un centre hébergé au sein du CHU.

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Un projet encadré et documenté

Pour mener à bien son défi, Théo s'est entouré de son médecin et d'une nutritionniste, qui lui ont donné des recommandations avant son départ : compléments alimentaires, pastilles électrolytes pour optimiser l'hydratation, entre autres. « Le but c'est aussi de voir comment mon corps va réagir. C'est un grand mystère, mais je veux vraiment aller jusqu'au bout », confie-t-il. Il roulera une partie du trajet accompagné de son père, Jackie.

« Ultra-excité » avant le départ, le trentenaire a ouvert une cagnotte en ligne pour financer l'organisation (hébergement, matériel…) et pour lui donner les moyens, en tant que vidéaste, de documenter l'événement. Il espère ainsi adresser un message fort : « La maladie chronique ne doit pas nous arrêter dans nos projets. Je veux briser la légende selon laquelle les dialysés seraient contraints de rester chez eux. »

Un défi qui pourrait inspirer d'autres patients

Ce road-trip à vélo, qui s'étendra sur environ un mois, représente un défi physique et logistique important pour Théo, qui devra concilier son traitement de dialyse avec l'effort physique. Son initiative pourrait inspirer d'autres personnes atteintes de maladies chroniques, en montrant qu'il est possible de réaliser des projets ambitieux malgré les contraintes médicales. Il prévoit de documenter son aventure en tant que vidéaste, ce qui pourrait contribuer à sensibiliser le public sur la réalité des patients dialysés.

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