Mission parlementaire confirme les dangers de l'hexane dans les huiles alimentaires
Hexane dans l'alimentation : le rapport parlementaire alarmant

L'hexane dans nos assiettes : un danger confirmé par les parlementaires

Les conclusions de la mission flash parlementaire sur l'incidence de l'utilisation de l'hexane dans la production d'huiles alimentaires appuient le combat mené par le journaliste d'investigation Guillaume Coudray. Ce rapport, présenté fin janvier dernier, confirme les alertes lancées depuis des années sur les dangers de ce solvant pétrochimique.

Un invité indésirable dans notre alimentation

Dans nos assiettes se cache un invité indésirable : l'hexane. En consommant des huiles végétales non bio ou de la margarine, nous pouvons avaler des résidus de cet hydrocarbure utilisé pour extraire la matière grasse des oléagineux. La mission parlementaire confiée à Richard Ramos (MoDem, Loiret) et Julien Gabarron (RN, Hérault) établit clairement les risques sanitaires associés.

Le rapport est particulièrement accusateur vis-à-vis des industriels. Il pointe notamment le groupe alimentaire Avril, leader des huiles et protéines, qui utilise d'importantes quantités d'hexane mais a refusé d'être auditionné par les parlementaires. Cette position soulève des questions sur la transparence du secteur.

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Des alternatives existent mais sont ignorées

La conclusion du rapport est très nette : l'hexane est un solvant dangereux dont l'élimination est techniquement possible. Le document confirme que les industriels pourraient recourir à des technologies sans hexane pour la production d'huile alimentaire ou pour fabriquer les protéines destinées à l'alimentation des animaux d'élevage.

Certaines usines ont déjà passé le cap du « sans hexane » en optant pour la pression mécanique. Les filières bio, qui n'ont pas le droit d'utiliser ce solvant, démontrent quotidiennement qu'une production sans hexane est parfaitement viable. Pourtant, la majorité des industriels persistent dans son utilisation.

La raison économique est claire : « L'hexane permet aux industriels d'obtenir 10 % supplémentaires d'huile à partir de la même quantité de matière première », explique Guillaume Coudray. Le cœur du sujet est là : c'est une question de marge dans un marché qui permet de dégager des profits considérables.

Des risques sanitaires sous-estimés

Les normes actuelles considèrent que les résidus d'hexane retrouvés dans les aliments sont à des doses tellement minimes qu'ils seraient sans incidence sur la santé. Sauf que ces conclusions s'appuient sur des évaluations sanitaires obsolètes, basées notamment sur une étude de 1989 effectuée sur quelques dizaines de rats mâles pendant quatre-vingt-dix jours.

Or ces résultats ne sont pas transposables pour comprendre l'effet de l'hexane sur un cerveau humain exposé au long cours, sur une femme enceinte ou sur un embryon. L'Agence européenne des produits chimiques a d'ailleurs décidé de classer l'hexane en « substance extrêmement préoccupante ».

Neurotoxicite et reprotoxicité avérées

L'exposition répétée à l'hexane, y compris à petites doses, pose deux problèmes essentiels :

  • Neurotoxicite : atteintes au cerveau, à la moelle épinière et au système nerveux périphérique avec des troubles visuels ou des neuropathies des mains et des pieds
  • Reprotoxicite : toxicité pour l'appareil reproducteur en atteignant les cellules ovariennes et les tubes séminifères

Des études italiennes ont aussi mis en évidence des liens forts entre maladie de Parkinson et exposition à l'hexane. Une fois dans l'organisme, l'hexane est métabolisé en une autre molécule, la 2,5-hexanedione, particulièrement toxique pour le système nerveux.

Le précédent encourageant des nitrites

Guillaume Coudray, qui a également travaillé sur l'impact des nitrites dans l'alimentation industrielle, voit dans le combat contre l'hexane un scénario similaire. « Neuf ans après mes premières enquêtes sur les nitrites, on peut dire que la plupart des charcutiers industriels se sont mis au sans nitrite », constate-t-il.

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La filière des jambons de Bayonne et autres jambons secs de qualité sans nitrites est en pleine expansion. Il y a désormais un consensus scientifique pour dire que les nitrites, les nitrates, et leurs produits de décomposition sont responsables de cancers et de diabète.

« J'espère que le même scénario se produira pour l'hexane », déclare le journaliste, soulignant que les industriels ont publiquement admis que le nitrite présentait des dangers pour la santé.

Une mécanique qui se répète

Dans ces affaires d'additifs alimentaires dangereux, on retrouve toujours la même mécanique : tant que les profits sont au rendez-vous, on accepte de jouer avec la santé publique en misant sur le fait que les dégâts ne seront visibles que plus tard.

Au lieu de prévenir les risques à la source, on a organisé un système où l'on gère les scandales après coup, en laissant aux consommateurs les mieux informés le privilège d'être les mieux protégés, faute d'une évaluation sanitaire fiable en amont.

La mission parlementaire conclut à la nécessité d'informer les consommateurs avec un affichage clair sur les aliments concernés, alors qu'à l'heure actuelle la présence de résidus d'hexane n'apparaît pas sur les étiquettes. Un premier pas vers une meilleure protection de la santé publique.