Hand to Hand : 20 ans de danse inclusive handi-valide à Bordeaux
Hand to Hand : 20 ans de danse inclusive handi-valide

L'association de danse de couple inclusive handi et valide, née à Mérignac en 2006, propose des séances pour tous les styles et niveaux, de l'initiation à la compétition. Elle donnera un grand spectacle anniversaire au Rocher de Palmer à Cenon, le dimanche 3 mai.

Une école de danse pas comme les autres

« Attention la distance, c'est une figure en huit temps. » Dans cette salle d'activité de l'AGJA, un bâtiment rénové de l'ancienne gare de Caudéran, à la frontière de Bordeaux et Mérignac, l'espace est lumineux, le sol plutôt roulant et il y a un accès PMR qui va s'avérer fort utile. Le lieu accueille, comme tous les vendredis après-midi, le cours de danse de salon pour personnes en fauteuil, « semi-valides » et « sans handicap » de l'association Hand to Hand. Les fauteuils manuels et électriques des danseurs « roulants » slaloment entre les « marchants ».

La chorégraphe et présidente de l'association Sandrine Darracq mène ce ballet pour débutants pas si simple : un faux pas, un faux geste peut virer à l'accrochage. Un peu plus tôt, Yohan a animé une session de danseurs debout, qui s'essayaient au style chaloupé de la biguine. Dans le groupe, Laura a partagé son trac. « Tu vas déchirer », lui a promis Mégane, son intervenante sociale venue en soutien. Car Laura sera dimanche 3 mai sur la scène du Rocher de Palmer à Cenon, comme tous les membres de l'association, assis ou debout, tous danseurs avant tout, artistes du spectacle qui marquera les 20 ans de Hand to Hand.

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Une association née d'une rencontre

L'association, « la seule handi-valide de danse de couple de la région », est née de l'« envie de partager avec des personnes différentes ». « On l'a créée fin 2006 », rembobine Sandrine Darracq qui revient sur la genèse de l'association, « la seule handi-valide de danse de couple de la région ». Elle est née de l'« envie de partager avec des personnes différentes », après que cette danseuse contemporaine de formation a croisé la route de Patrick Ripoche, professeur de danse devenu paraplégique, pionnier de la pratique mixte handi-valide. Elle a cofondé Hand to Hand avec Jean-Denis Aragon, danseur en fauteuil disparu en 2020, sur un principe : « Que l'on soit debout ou assis, c'est de la danse à deux. »

Second credo : « On est là pour danser, partager, pas pour faire sa B.A. ou du bénévolat. Ici, il n'y a que des adhérents, des danseurs, on est une école de danse. » Une école à plusieurs niveaux – débutant, intermédiaire, confirmé, sportif – et qui ne s'interdit aucun style : flamenco, salsa, danse de salon (tango, samba, rumba, etc.), cours enfant et même zumba assis le jeudi.

Des adhérents passionnés

Hand to Hand compte « environ 90 adhérents, dont 30 valides ». Elle propose dans divers lieux de la métropole des séances pour plusieurs publics. « Après la danse en fauteuil, on a ouvert à d'autres handicaps : cognitifs, personnes malvoyantes ou non-voyantes, ayant une trisomie 21… » L'association d'intérêt général n'a aucun salarié. Là oui, on peut parler de bénévolat.

Carole, Mérignacaise « en fauteuil depuis toujours », est devenue animatrice pour l'association après avoir été l'une des premières adhérentes, il y a dix-neuf ans. « La première fois qu'on m'a proposé de danser, j'ai cru à un miracle. J'ai signé tout de suite. » Elle en a fait sa passion, du lundi au dimanche, a suivi des formations. La méthode ? « On fait toutes les passes de valide. On adapte, on ne se donne pas de limite. » Elle donne aussi des cours à des enfants en fauteuil. « Je vois des progrès extraordinaires en mobilité, en autonomie. » Carole fait partie de « la Team » des plus confirmés, qui pratiquent la danse sportive en fauteuil à haut niveau. La compétition est européenne. La dernière, c'était à Amsterdam, « en danse solo ».

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Séverine a redécouvert la danse : « J'en arrive à oublier le fauteuil. » « J'y prends un plaisir fou. Toute la semaine, j'attends ces moments », partage Séverine, en fauteuil depuis deux ans, « hémiplégique partielle », pour cause de maladie évolutive. Cette quadra, « mère de deux grands enfants », vivant à Pessac, avait dansé toute sa vie de valide et pensait faire une croix dessus. Elle est venue à reculons, n'a plus lâché depuis. « Quand je danse, je me sens vivante. Je ne suis plus malade, je n'ai plus de complexes. J'en arrive à oublier le fauteuil. » Elle aussi a rejoint la Team.

Des danseurs valides engagés

« Ça fait quatre ans que je viens », raconte Stéphane, adhérent valide, quinqua et fan de tango, qui a découvert la formule à l'invitation de Sandrine. Mordu, lui aussi. « Je me suis organisé pour libérer mes vendredis après-midi », dit ce cadre bancaire. Il trouve ici « des super échanges, de belles personnes, des rencontres ». Cavalier debout, Stéphane est aussi parfois « Uber » : le terme désigne ici ces valides qui se placent derrière les fauteuils des moins mobiles, pour les guider face à leur partenaire : « On s'adapte en fonction de chacun. »

Un spectacle anniversaire exceptionnel

Tous seront sur scène à Cenon le 3 mai, pour défendre le spectacle des 20 ans. « Ce n'est pas une animation, mais un vrai show tout public. Les gens vont être bluffés », prévient Jean-François, trésorier, qui annonce « 98 personnes sur scène, 20 coiffeurs et costumiers, un compositeur ». « C'est l'aboutissement de vingt ans de partage, pose Sandrine Darracq. C'est aussi porteur d'un message. » À découvrir dimanche 3 mai, assis sur un fauteuil. Billetterie sur HelloAsso. Prix : 12 euros, 8 euros sur présentation de la carte CMI et gratuit pour les moins de 12 ans. À 15 h 30. Facebook : Hand to Hand ou www.handtohand33.fr