Au Canada, le restaurant Déjeuner, oasis sociale des aînés
Déjeuner, oasis sociale des aînés au Canada

À Montréal, le restaurant Déjeuner, situé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, est bien plus qu'un simple lieu de restauration. Chaque jour, environ 300 personnes âgées s'y retrouvent pour partager un repas à prix modique, mais surtout pour rompre l'isolement. « Ici, on rit. Il n'y a pas de meilleur médicament », confie une habituée de 82 ans, citée par Le Monde.

Un modèle unique de restauration sociale

Fondé en 2015 par l'organisme communautaire La Table des aînés, le restaurant propose des déjeuners à 3 dollars canadiens (environ 2 euros). Le menu change chaque jour, avec des plats équilibrés préparés sur place. Selon la directrice, Marie-Claude Bélanger, l'objectif est de « créer un espace où les personnes âgées se sentent chez elles, loin de la solitude ».

Le Déjeuner fonctionne grâce à une équipe de bénévoles, majoritairement des retraités. En 2025, l'établissement a servi plus de 70 000 repas, un chiffre en hausse de 15 % par rapport à l'année précédente. Cette augmentation reflète la précarité croissante chez les aînés, dont le nombre a bondi de 20 % dans le quartier depuis 2020.

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Un rempart contre l'isolement

Au-delà de l'aspect alimentaire, le restaurant joue un rôle social crucial. Des activités comme des ateliers de mémoire et des jeux de société sont organisés après les repas. « Pour beaucoup, c'est la seule sortie de la journée », explique une bénévole de 70 ans. Les retombées sur la santé mentale sont significatives : une étude interne de La Table des aînés montre que 85 % des clients réguliers déclarent se sentir moins seuls depuis qu'ils fréquentent le lieu.

Le Déjeuner s'inscrit dans un réseau plus large de 12 restaurants similaires au Québec, mais il est le seul à Montréal. Le gouvernement provincial a récemment alloué 500 000 dollars canadiens pour soutenir ce type d'initiatives, reconnaissant leur impact sur le bien-être des aînés.

Un modèle économique fragile mais essentiel

Le financement provient de subventions publiques, de dons privés et de la vente des repas. Malgré un budget annuel de 1,2 million de dollars canadiens, l'équilibre est précaire. « Chaque don compte », insiste Mme Bélanger, qui lance un appel aux mécènes. Les clients, eux, ne tarissent pas d'éloges : « C'est notre deuxième maison », témoigne un habitué de 78 ans.

Alors que le Canada vieillit rapidement – 20 % de la population aura plus de 65 ans d'ici 2030 –, des initiatives comme le Déjeuner pourraient devenir des modèles à reproduire. En attendant, chaque matin, les rires résonnent dans la salle, prouvant que la convivialité reste le meilleur des remèdes.

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