À quand remonte votre dernier crush ? Depuis des années, les ados ont adopté ce petit mot craquant pour exprimer leur coup de cœur du moment. Une dinguerie : il vient de faire son entrée dans le Petit Larousse, avec une palanquée d’autres nouveaux mots comme assertivité, pistole, umami, encommissionner, sans oublier tarpin ou glamping. On vous laisse évidemment en chercher la définition si vous ne les connaissez pas tous. Pas de quoi en faire une dramédie, même si chaque année de zélés défenseurs de la langue s’offusquent de ces intrusions jugées malvenues dans le pré carré du français académique.
Les mots du Covid et de la technologie
Pourtant chaque nouvelle fournée des dictionnaires Robert et Larousse révèle les évolutions de la société et ses préoccupations du moment. Dans les deux ou trois années qui ont suivi l’épidémie de Covid, on avait ainsi enregistré une véritable inflation de termes médicaux. D’asymptomatique à vaccinateur en passant par écouvillonner, le jargon des blouses blanches est sorti des murs de l’hôpital pour envahir les stades de foot ou les théâtres, quand ils étaient ouverts bien entendu. Depuis, le Covid revient dans les conversations comme une « période de dingue » dont on se souvient encore un peu ahuris et le hantavirus n’avait pas encore fait parler de lui au moment du bouclage des dits dictionnaires.
L’IA et l’intelligence artificielle dominent
Les préoccupations sont désormais d’ordre technologique. L’IA, l’intelligence artificielle et son escorte fournie dominent le palmarès des stars montantes du vocabulaire. Avec deux anglicismes incontournables : le prompt et son verbe associé prompter, indispensables pour s’adresser à une IA et lui demander d’écrire un édito sur les nouveaux mots du dictionnaire, par exemple. Une hallucination ne désigne plus seulement une illusion ou une erreur des sens, mais une « réponse fausse ou trompeuse produite par une intelligence artificielle générative, avec une apparence de vérité ». De quoi voir double. On prédit que le très français hypertrucage risque, en revanche, d’avoir un peu de mal à s’imposer face aux deepfakes.
Gastronomie et mots cosmopolites
Enfin au rayon gastronomie, place aux mets et mots cosmopolites. On a déjà évoqué le savoureux umami, il s’accompagne d’un onigiri, à manger avec les doigts, ou d’une chakchouka définitivement figée au détriment de la tchoutchouka, à arroser en dessert d’un skyr venu du froid. Et pour digérer ce copieux menu, comme c’est férié aujourd’hui on peut s’offrir la fantaisie de passer la journée à bouiner.



