Un complexe œnotouristique haut de gamme en projet à Ginestet
Complexe œnotouristique haut de gamme à Ginestet

À l’inverse de la tendance actuelle dans le milieu viticole, des ceps de vignes ont été plantés au mois d’avril à Ginestet, petite commune à quelques minutes au nord de Bergerac. Pour le Périgourdin Yannick Langlade et l’investisseur néerlandais Bert Bolkenstein, cette plantation a surtout marqué les prémices du complexe œnotouristique haut de gamme qu’ils espèrent développer à l’horizon du printemps 2028.

Un projet ambitieux

Le dirigeant hôtelier et l’ancien chef d’entreprise industrielle, qui se sont rencontrés « par hasard » il y a quatre ans, ont vu grand. « On est arrivé à un cheminement assez simple qui disait que la France est une des premières destinations touristiques et une des premières places vinicoles au monde mais que le tourisme vinicole est assez limité, constate Yannick Langlade. Dans le milieu, chacun défend son vignoble et en dehors des institutions publiques, personne ne défend un terroir. Notre idée est de promouvoir une expérience touristique autour du vin mais au-delà une destination, un territoire viticole. »

Hôtel, spa, restaurant

Sur le terrain de 20 hectares à Ginestet, propriété de la Fondation Kootje, présidée par Bert Bolkenstein, les deux hommes prévoient d’installer un complexe touristique composé d’un hôtel quatre étoiles de 50 chambres et appartements en phase 1 (80 en phase 2), de villas de vacances, d’un restaurant gastronomique et d’un spa, sans oublier des espaces de conférence et de réception pour des séminaires ou des mariages. Un complexe exploité en direct avec le support d’une enseigne internationale sachant que la clientèle attendue est majoritairement française (pour 70 %). Des embauches sont prévues avec 40 emplois en équivalents temps plein au départ.

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« Cela s’adresse à la clientèle de loisirs et d’affaires, précise le dirigeant hôtelier. On utilise le concept de resort car on proposera des activités et des hébergements différents pour être au plus proche des attentes des clients. » L’investissement estimé s’élève à 13 millions d’euros pour la première tranche, 30 millions pour le projet complet avec 70 % en dette bancaire et 30 % de fonds propres. « Le tour de table d’investissement est en cours de finalisation avec les banques locales et les investisseurs privés, ajoute Yannick Langlade. Il reste ouvert à d’autres investisseurs. »

Expériences immersives

Mais le projet, baptisé Bacchus Hospitality ne s’arrête pas là. Il mise sur le développement du tourisme vert et de l’œnotourisme et pourrait se déployer ailleurs en France. Il entend développer un « tourisme du vin pédagogique et convivial centré sur les sens et la découverte ». Des expériences et des activités « immersives » doivent être créées. Des dégustations, visites de vignes ou parcours d’éducation gustative sont envisagés. Là aussi, le duo dit rester ouvert à d’autres partenaires.

Le projet s’appuie déjà sur une communauté de passionnés qui ont souhaité louer des ceps de vignes pour une durée de quinze ans. Plus de 90 investisseurs, essentiellement néerlandais, ont ainsi participé à ce financement participatif et intégré la « communauté Bacchus ». « Les vins de Bergerac peuvent aisément rivaliser avec des appellations plus connues mais ils manquent encore de visibilité à l’international, affirme Bert Bolkenstein dans un communiqué. Notre objectif est de changer cela et de faire découvrir Bergerac comme destination touristique. » Le permis de construire a été délivré mais le démarrage du chantier est soumis à des autorisations environnementales et à la réalisation de fouilles archéologiques préventives, précise la Communauté d’agglomération bergeracoise. Les premiers coups de pelle sont néanmoins attendus pour la fin 2026 avec une ouverture envisagée au printemps 2028.

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