Les collégiens d’Auguste-Blanqui ont présenté jeudi 7 mai le spectacle « Les C pour contes », une création originale utilisant le théâtre d’objets pour questionner les violences faites aux femmes et aux enfants, ainsi que les préjugés persistants dans les récits traditionnels. Des élèves de 6e du collège Auguste-Blanqui de Bordeaux Bacalan ont proposé au Glob Théâtre, ce 7 mai, un spectacle qui a connu un joli succès. Le but de ce projet nommé « Les C pour contes » était, à partir des contes, d’amener les élèves à se questionner sur les stéréotypes, sur les préjugés et sur les violences faites notamment aux femmes et aux enfants.
Après une entrée en scène rythmée, les jeunes artistes ont proposé un théâtre d’objets. « Cela a permis aux élèves d’aborder ces thématiques difficiles, d’oser en parler plus librement via l’objet transitionnel ou le prisme du personnage », explique Hervé Dicharry, professeur au collège. « Ce fut l’occasion de partager des questions, des incertitudes, des discussions, des réflexions afin de déclencher une vigilance, voire des révoltes. »
Classiques revisités
Trois contes ont été proposés par les groupes d’élèves, avec des univers différents : « La Belle et la Bête », les personnages étant représentés par des chaussures ; « Le Petit Chaperon rouge » avec un univers centré sur les sacs, le loup étant représenté par une valise noire qui engloutit la grand-mère. Le troisième conte, « Peau d’Âne », était tourné vers la bureautique, en particulier les classeurs.
Après cette représentation, les équipes se sont affrontées au sujet de ces contes et des idées et préjugés qui y sont contenus plus ou moins implicitement. « Chaque équipe a tenté de défendre le bien-fondé de son conte face à une autre équipe qui mettait en lumière les situations problématiques contenues dans l’histoire », continue Hervé Dicharry. Un audio a été diffusé, constitué d’extraits de discussions et de débats ayant eu lieu en classe sur la place des femmes dans la société, la maltraitance, les violences infantiles et les préjugés. Parmi les propos entendus : « En définitive, c’est toujours les femmes et les enfants qui sont victimes dans les contes », et « le grand méchant loup peut être n’importe qui de notre entourage à qui on fait confiance ».



