Clamouse : des tubes en fibres naturelles contre l'érosion
Clamouse : des tubes naturels contre l'érosion

Jeudi 27 août, la grotte de Clamouse, à Saint-Jean-de-Fos, est devenue le site d'une expérimentation inédite contre l'érosion. L'entreprise Microterra, basée à Mauguio, y a installé ses premiers tubes Terraline, une solution brevetée produite en France pour limiter le ravinement et favoriser la régénération des sols. Cette première étape a été validée par Sandro Casagrande, directeur technique et RSE de la grotte, qui accueillait l'entreprise sur le site.

Une innovation française pour restaurer les sols

Fondée en 2009 à Mauguio, Microterra propose des solutions pour restaurer durablement un sol vivant. Sa dernière création, Terraline, est un tube en coton tissé rempli de matières organiques : chanvre, paille, fibres de bois et compost. Nicola Rapetti, cofondateur avec Catherine Bourniol, explique : « C'est une innovation que nous avons développée depuis un an. Les premiers Terraline sont sortis de l'usine de tissage, en Bourgogne, et le but maintenant, c'est de la valider. »

En cherchant des partenaires, Nicola Rapetti a découvert les démarches écoresponsables de la grotte de Clamouse. « J'ai pris contact avec Sandro, puis on s'est rencontré, et voilà, on pose aujourd'hui les premiers tubes », dit-il. Cette collaboration vise à tester l'efficacité du dispositif dans un environnement naturel sensible.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un système tubulaire contre le ruissellement

Le principe est simple : les boudins, posés en travers de la pente, forment une barrière physique qui bloque l'érosion. « On bloque l'érosion en empêchant les pierres et surtout la terre de raviner vers le bas. La terre retenue va permettre à la végétation de s'installer à nouveau », précise Nicola Rapetti. Accompagné de Rémi, stagiaire en master à l'Institut Agro Montpellier, il a choisi les zones les plus touchées : au-dessus du grand parking, où il y a très peu de terre et des traces d'érosion, et vers l'aire de pique-nique, où le risque de ravinement est élevé.

En se dégradant lentement, les tubes libéreront les matières organiques, enrichissant le sol et favorisant la vie microbienne. Ce jour-là, des pistachiers et des micocouliers ont également été plantés au-dessus des tubes pour consolider la retenue de terre. « Ce sont des espèces locales qui supportent les fortes chaleurs. Les micocouliers ont un bon système racinaire qui retient l'eau », explique Nicola Rapetti.

Une démarche d'économie circulaire

Ingénieur agronome de formation, Nicola Rapetti oriente ses recherches sur les dynamiques d'émergence des projets d'écologie industrielle territoriale. Pour lui, la raréfaction des ressources et des terres riches impose une économie circulaire pour valoriser les déchets. À Clamouse, les fortes pluies tombées ce jour-là ont bien arrosé les plantations, une aubaine pour l'expérimentation. « Je reviendrai en novembre, voir comment ça évolue, rajouter des tubes et planter encore, si besoin », conclut-il, posant les bases d'une nouvelle coopération.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale