Le vigneron Benoît Séré, âgé de 41 ans, est décédé mercredi des suites d'un cancer foudroyant, plongeant tout le vignoble du Jurançon dans la stupeur. Il dirigeait le domaine familial Burgué-Séré à Saint-Faust avec son frère Sébastien.
Un vigneron passionné et attaché à sa terre
Benoît Séré était un producteur passionné, représentant la cinquième génération à exploiter la vingtaine d'hectares de vignes du domaine. Ses confrères du Jurançon et le monde des vins du Sud-Ouest saluent sa mémoire. Christophe Laüt, œnologue de la Maison des vins, témoigne : « Benoît était quelqu’un de très attaché à sa terre, à l’appellation, à la Route des vins. Il était très présent, pas toujours aux réunions parce qu’il fallait s’occuper des 18 hectares du domaine mais il appelait régulièrement pour prendre des nouvelles des dossiers. Encore récemment alors qu’il était hospitalisé. »
Personnalité attachante et volubile, Benoît Séré participait souvent aux animations autour de ses bouteilles ou du Jurançon en supermarché ou dans les foires. « C’était un homme généreux, il aimait parler toujours avec aplomb et justesse », ajoute Christophe Laüt.
Un hommage unanime
Les organisateurs du salon Gasconh’à table, salon de la Gastronomie et de la culture gasconnes à Samatan, où il avait ses habitudes chaque fin novembre, ont publié un hommage : « Son sourire, sa gentillesse et sa présence chaleureuse manqueront profondément à notre grande famille gasconne. »
Un ancien rugbyman apprécié
Le vigneron était également connu des terrains de rugby, qu'il a longtemps arpentés. Son ami Rémy Pucheu se souvient : « J’ai joué pendant trois ans à Oloron avec lui. Je n’étais pas du tout d’Oloron et je ne connaissais pas grand monde. Il est venu vers moi. C’était un garçon très naturel, simple, gentil. Il vous prenait tel que vous étiez. Pendant les trois saisons, on a fait quelques bringues aussi. » Benoît Séré est aussi passé par Monein, Orthez et Bizanos.
« Dans tous les clubs où il est passé, il s’est constitué des cercles d’amis, poursuit Rémy Pucheu. La vie fait qu’on s’écarte un peu mais dès qu’on le recroisait, c’était une joie et un bonheur de parler avec lui. Je le croisais des fois lors d’animations dans les supermarchés. Il parlait très bien de son métier. Il était vraiment très attaché à sa vigne, son travail, à la ferme aussi. Il faisait le cochon, la volaille avec ses parents et son frère. Mais le vin, c’était tout. ça fait vraiment bizarre de se dire qu’il est parti, ça fait vraiment chier. »
Les obsèques de Benoît Séré sont célébrées ce vendredi 22 mai à 15 heures, en l’église de Saint-Faust-de-Haut.



