À Bandol, dans le Var, les sauveteurs en mer de la SNSM effectuent bénévolement des interventions parfois périlleuses. En juillet, la station peut être appelée trois à quatre fois par jour pour secourir des personnes en danger. Un engagement total, financé à 80 % par la générosité du public.
Une station couvrant 40 kilomètres de côtes
La SNSM de Bandol est l'une des neuf stations du Var. Idéalement située, elle couvre le secteur compris entre le cap Sicié, à La Seyne-sur-Mer, et Saint-Cyr. « Nous couvrons les 20 premiers milles de la mer, ça fait environ 40 km. Après, c'est le secteur de la Marine nationale », explique Jean-Luc Cercio, l'un des créateurs de la station en 1981 et président de l'association. Sauveteurs et plongeurs ne perçoivent aucune rémunération : ils sont entièrement bénévoles.
L'intervention doit être rapide dès le déclenchement. Les sauveteurs reçoivent un signal sur leur téléphone, déclenché par le Cross Med, le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de la Méditerranée. « On nous envoie sur des missions diverses comme des recherches de baigneurs, assistance aux autres secours comme la Marine nationale ou la Sécurité civile ou encore la lutte contre la pollution », précise David Amico, patron de la SNSM de Bandol et, dans le civil, chef de centre du SDIS de Sanary-sur-Mer.
Des priorités claires et un équipement adapté
Sur zone, l'ordre des priorités ne varie jamais : l'humain d'abord, le matériel ensuite, l'environnement enfin. Ce principe guide chaque décision, du choix du bateau à celui de la manœuvre d'approche. La station dispose de deux bateaux aux rôles bien définis. Le semi-rigide de 7 mètres, propulsé par deux moteurs de 150 chevaux, embarque trois personnes et part généralement en tête : plus léger, il est aussi le plus rapide. La vedette peut accueillir jusqu'à 20 personnes à son bord.
Derrière le semi-rigide suit la SNS 164, une vedette de 1re classe de deuxième génération. Quinze mètres, 1 000 chevaux, six équipiers à bord et une capacité d'accueil de vingt personnes. Compartimentée en caissons étanches, elle ne peut pas couler. Elle est en outre auto-redressable, capable de se remettre seule à l'endroit si une lame la retourne. Une assurance-vie pour l'équipage quand la mer se creuse.
Un équipage polyvalent et des entraînements réguliers
À bord, l'équipement dépasse le simple sauvetage : radio, moyens de lutte contre l'incendie, motopompe pour renflouer un navire qui embarque de l'eau, et une caméra thermique dotée d'une intelligence artificielle, précieuse pour repérer une silhouette dans la nuit ou dans le clapot. Chacun a son poste : le patron est responsable des opérations, le chef de pont assure la liaison radio, les équipiers arment le sauvetage proprement dit. S'y ajoutent le sauveteur nageur de bord (SNB), qui se met à l'eau au contact de la victime, et les plongeurs de bord, qui peuvent intervenir jusqu'à 12 mètres de profondeur.
« Derrière les fonctions, des profils que rien ne prédestinait à se croiser, précise Jean-Luc Cercio. Stéphane est steward. Bernard, retraité de la grande distribution. Ce qui les réunit tient en quelques mots : l'humain et la mer. » Cette polyvalence a un prix : l'entraînement. Les équipages se retrouvent quatre fois par mois pour entretenir les gestes et les réflexes. L'été, le rythme s'emballe : en juillet, la station peut sortir trois à quatre fois par jour. Collision de jet-ski, chute en wakeboard, évacuation sanitaire : les motifs d'alerte se multiplient avec la fréquentation du plan d'eau. « Hier, nous sommes allés secourir un bateau qui n'a pas respecté la signalisation. L'embarcation s'est retrouvée coincée dans les rochers à minuit avec six adultes et trois bébés. On peut être déclenchés de jour comme de nuit », explique le président.
Un budget reposant sur la générosité publique
Ce dispositif ne tient qu'à un fil : celui des dons. Chaque année, la station doit réunir environ 100 000 euros, notamment pour financer les formations de ses bénévoles. Les subventions publiques ne couvrent qu'environ 20 % de ses besoins. Le reste dépend des particuliers, des entreprises et des collectivités locales. Pour soutenir la station, des dons sont possibles auprès de la SNSM de Bandol ou sur snsm.org.



