Les animaux qui défient les limites du sommeil : éléphants et frégates
Animaux qui défient les limites du sommeil

Pour la plupart des êtres vivants, manquer une nuit de sommeil a des conséquences immédiates. Pourtant, dans le règne animal, certaines espèces semblent capables de repousser les limites du repos bien au-delà de ce que l'on croyait possible.

L'éléphant d'Afrique, le mammifère qui dort le moins

L'un des records les mieux documentés concerne l'éléphant d'Afrique. En 2017, des chercheurs ont suivi deux femelles sauvages au Botswana grâce à des capteurs placés sur leur trompe. Résultat : elles ne dormaient en moyenne que deux heures par jour, soit le plus faible temps de sommeil mesuré chez un mammifère. Plus surprenant encore, elles sont parfois restées éveillées jusqu'à 46 heures d'affilée lors de déplacements liés à des perturbations environnementales ou à des menaces potentielles.

Cette découverte a remis en question l'idée selon laquelle tous les mammifères auraient besoin d'un volume minimal de sommeil pour fonctionner normalement.

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La frégate, l'oiseau qui dort en plein vol

Au-dessus des océans tropicaux, la frégate du Pacifique accomplit une prouesse encore plus étonnante. Cet oiseau marin peut rester plusieurs jours en vol sans se poser. Pour comprendre comment il évite l'épuisement, des chercheurs ont enregistré son activité cérébrale pendant ses déplacements.

Ils ont découvert qu'elle pratique de très courtes phases de sommeil en vol, parfois avec un seul hémisphère cérébral endormi tandis que l'autre reste vigilant. Durant ses longs voyages, elle ne dort qu'une quarantaine de minutes par jour en moyenne, tout en continuant à parcourir des milliers de kilomètres.

Dormir autrement plutôt que ne pas dormir

Ces performances ne signifient pas que ces animaux n'ont plus besoin de sommeil. Les chercheurs pensent plutôt qu'ils ont développé des stratégies uniques pour le réduire ou le fragmenter. Chez les oiseaux marins, le sommeil unihémisphérique permet de conserver une vigilance minimale. Chez certains mammifères, le repos peut être concentré sur de courtes périodes lorsque les conditions deviennent favorables.

Les mécanismes exacts qui permettent d'éviter les effets négatifs d'un manque prolongé de sommeil sont encore débattus. Chez l'être humain, quelques dizaines d'heures d'éveil suffisent à altérer fortement les capacités cognitives. Pourquoi certaines espèces y résistent-elles si bien ? Les neuroscientifiques n'ont pas encore toutes les réponses.

Cet article est réalisé par Le Monde des Animaux et hébergé par 20 Minutes.

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