Les premiers coups de sécateur retentissent déjà dans les vignobles français, du Bordelais aux coteaux de Champagne. Dans le Beaujolais, le Biterrois, le Sézennais, sur l'île de Ré comme dans le Sud-Ouest, les vignerons s'activent pour lancer une campagne de vendanges 2026 qui s'annonce comme la plus précoce « jamais connue » à Bordeaux, selon l'interprofession du premier vignoble AOC de France.
Alors que la récolte 2025 avait débuté dès la mi-août dans cette région, un calendrier déjà précoce, les vendangeurs ont commencé à s'activer dans les vignes dédiées aux vins effervescents, qui représentent 4 % de la production du vignoble bordelais (86 000 hectares).
Une précocité jamais vue
La cave coopérative Bordeaux Families, premier producteur de crémant de Bordeaux avec trois millions de bouteilles, a annoncé dans un communiqué avoir débuté sa récolte qui mobilisera 400 vendangeurs pendant trois semaines. « Ce qui caractérise ce début de vendange, c'est une précocité jamais connue, probablement dans tous les vignobles français », a déclaré Bernard Farges, président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB).
« Pour la France, c'est très, très précoce. On est presque 15 jours plus tôt que l'an passé, qui était déjà tôt par rapport à il y a 20 ou 30 ans », a ajouté celui qui préside également le Comité national des interprofessions des vins (CNIV). Depuis les années 1980, les dates de vendanges en France avancent toujours davantage dans le calendrier, un marqueur net du réchauffement climatique.
Un climat qui bouscule le calendrier
En 2026, un hiver doux et humide, suivi par des températures clémentes puis une série de canicules au printemps et au début de l'été, ont poussé la vigne à enchaîner rapidement ses cycles de maturation. « Les dates de vendanges, c'est vraiment l'illustration du changement climatique. Les parcelles que nous vendangions fin septembre dans les années 1990, on les vendange aujourd'hui fin août », souligne Bernard Farges.
Le président de l'interprofession bordelaise s'attend à une récolte marquée par de « petites quantités », faute de pluie venue gonfler les grappes, mais « l'état sanitaire des vignes est parfait » donc « qualitativement ce sera très joli, c'est sûr ».
Pas de goût de fumée malgré les incendies
Au passage, il a assuré qu'il n'y avait « pas de sujet » concernant un éventuel « goût de fumée » après le mégafeu qui a embrasé 42 000 hectares dans l'ouest de la Gironde mais sans atteindre les grandes propriétés du Médoc ou des Graves. « En 2022, (le mégafeu de) Landiras était proche de certaines vignes et il n'y a pas eu de grosses difficultés, avec un très bon millésime », a-t-il rappelé.



