Semences locales : la Maison maraline s'adapte au climat
Semences locales : la Maison maraline s'adapte au climat

Face à la sécheresse et aux aléas climatiques, la Maison des semences paysannes maralpines, implantée entre les Alpes-Maritimes et la Ligurie, accélère son travail d'adaptation des variétés locales de fruits et légumes. Pour ce faire, elle croise désormais ses semences avec des espèces venues de régions déjà très chaudes, comme la Sicile, le Portugal ou le Mexique.

Un travail d'adaptation devenu indispensable

La structure, qui œuvre depuis des années à la conservation des variétés locales, doit aujourd'hui aller plus loin. « Il faut réécrire leur histoire », explique Maxime Schmitt, cofondateur et accompagnateur au sein de la structure. Un travail minutieux, de plus en plus soumis à la sécheresse et aux aléas climatiques.

C'est le cas, par exemple, du poivron dit de montagne. Venu du Piémont et cultivé à La Brigue, son adaptation est revisitée chaque année. « Dans le cas de ce légume, il faut tenir compte, désormais, des plus fortes chaleurs en montagne », précise Maxime Schmitt.

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Le haricot, priorité du réseau

Depuis quelque temps, le réseau, qui regroupe une centaine de producteurs, se concentre sur les haricots. 22 fermes travaillent cette année spécifiquement à la sélection participative de ce légume, mis en péril par le soleil « qui grille les fleurs », poursuit le référent.

« Pour travailler leur robustesse génétique, nous avons décidé de les croiser avec des espèces venues d'ailleurs », indique Maxime Schmitt. Pour ce faire, les maraîchers sont allés chercher des semences paysannes jusqu'en Sicile, au Portugal ou encore au Mexique. « Là où elles vivent déjà dans des conditions très chaudes et sont donc plus à même de résister », ajoute-t-il.

Un laboratoire à ciel ouvert

Si cela fait longtemps que les agriculteurs bio du secteur travaillent sur la question, le référent reconnaît une accélération de la cadence cette année, avec des producteurs qui se retrouvent « dos au mur ». « Il faut adapter toutes nos pratiques agronomiques : décaler les calendriers de culture, revoir la gestion des sols et la gestion de l'eau », explique-t-il.

Ces réflexions font des Alpes-Maritimes une sorte de laboratoire à ciel ouvert. Face à ces épreuves, les membres de la Maison des semences paysannes échangent et partagent bien au-delà de la Côte d'Azur. « La Bretagne aussi a connu de fortes chaleurs, conclut Maxime Schmitt. Nous sommes d'ailleurs en train de monter une coopérative semencière pour commercialiser des semences adaptées au réchauffement climatique à l'échelle nationale… »

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