L'usine de méthanisation installée sur le site du port de Bordeaux, à Ambarès-et-Lagrave, transforme chaque année 25 000 tonnes de déchets organiques en énergie et en fertilisant. Ce processus permet de produire l'équivalent de la consommation énergétique de 2 600 foyers et génère 22 000 tonnes de digestat, un compost riche en azote utilisé comme engrais naturel.
Une alternative économique et locale
Ce digestat, issu de la méthanisation, se présente comme une alternative naturelle, locale et moins coûteuse que les engrais traditionnels. « Notre intrant coûte 30 à 40 % moins cher que les engrais minéraux à pouvoir fertilisant égal », souligne Vincent Baeckler, responsable de la valorisation du digestat. Avant l'ouverture du site, il a démarché les agriculteurs des environs pour trouver des débouchés à cette production. L'usine fonctionne en effet sur le principe de l'économie circulaire, sans produire de déchets supplémentaires.
Un double enjeu environnemental
Le site, ouvert en janvier dernier entre deux usines Seveso du port de Bordeaux après neuf ans de développement, répond à un double objectif : offrir un exutoire aux déchets organiques de la métropole bordelaise et contribuer à la décarbonation du port en fournissant une énergie non fossile. La matière première provient en partie des biodéchets collectés par Ecovalim, filiale de CVE, issus des restaurants, cantines et grandes surfaces, ainsi que des usines locales de production d'huiles et de grains.
Le processus de transformation
Les camions déversent leur chargement dans un hangar où l'on distingue parmi les déchets un chou, des pommes ou un filet de clémentines. Les déchets sont ensuite envoyés dans un déconditionneur, un broyeur qui trie les emballages pour ne conserver que la matière organique. Un autre poste traite les sous-produits animaux par chauffage pour éliminer les bactéries. Après broyage, la matière forme une soupe qui est introduite dans un digesteur, un cylindre métallique reproduisant le processus digestif d'une vache. « Il faut compter soixante jours pour produire du gaz, un mélange de méthane et de CO2 », explique Laurent Larpin, responsable développement pour le Sud-Ouest de CVE Biogaz. La dernière étape, l'épuration, sépare les deux gaz avant d'injecter le méthane dans le réseau.
Un fertilisant naturel pour les agriculteurs
Le digestat liquide, très riche en azote, est stocké puis épandu dans les champs de 22 agriculteurs partenaires, dont le plus proche se trouve à un kilomètre du site. Pour bénéficier de cet intrant naturel, ils ne paient que les frais de transport, car le digestat est considéré comme un déchet et ne peut être vendu. La production annuelle de 22 000 tonnes permet de fertiliser 900 hectares de terres agricoles.



