Manger ses excréments : une stratégie de survie chez les animaux
Manger ses excréments : une stratégie de survie animale

Voir un animal manger ses propres excréments provoque spontanément le dégoût chez l'humain, qui associe ce geste à la saleté. Pourtant, en biologie, ce comportement porte un nom précis : la coprophagie. Et chez certaines espèces, il ne s'agit ni d'un trouble ni d'une anomalie, mais d'une adaptation efficace à des contraintes alimentaires sévères.

Recycler pour survivre

Chez le lapin, un lagomorphe, ainsi que chez certains rongeurs herbivores comme le cobaye ou le chinchilla, ce comportement est appelé cæcotrophie. Ces animaux produisent des cæcotrophes issus du cæcum, riches en bactéries et en nutriments. Il s'agit d'un produit digestif intermédiaire encore utile, contrairement à un excrément qui est un déchet définitivement éliminé. Après une fermentation microbienne postérieure, les animaux les réingèrent directement. Ce second passage digestif permet d'assimiler les vitamines B et K ainsi que des acides aminés essentiels.

Ensemencer l'intestin

La coprophagie joue également un rôle clé dans l'installation du microbiote intestinal. Chez les jeunes rongeurs et chez les insectes sociaux comme les termites ou les blattes du bois, l'intestin est à la naissance quasi dépourvu de microbiote fonctionnel. L'ingestion d'excréments maternels ou produits par d'autres membres de la colonie permet une colonisation rapide, indispensable à la digestion et à l'immunité. Une étude de Hongoh et al., publiée dans Science, a montré que chez les termites, cette transmission fécale conditionne la digestion de la cellulose et donc la survie de l'animal.

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Ce qui est certain, et ce qui reste discuté

Chez le chien domestique, la coprophagie reste mal comprise. Les études vétérinaires évoquent un comportement multifactoriel, influencé par l'environnement, l'alimentation ou le stress, généralement sans gravité s'il est occasionnel. En revanche, chez les espèces sauvages étudiées, le consensus scientifique est clair : manger ses excréments est une solution biologique optimisée pour tirer le maximum d'un repas rare ou difficile à digérer. De quoi regarder autrement ces espèces, souvent jugées à tort.

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Cet article est réalisé par Le Monde des Animaux et hébergé par 20 Minutes.

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