M2i Life Sciences accélère son expansion mondiale dans le biocontrôle
Le groupe français M2i Life Sciences, spécialiste du biocontrôle, poursuit son développement stratégique avec un focus sur les grandes cultures en Asie et en Amérique du Sud. Fondé en 2013 au sein de la pépinière Chemstart'up de Lacq, l'entreprise étend désormais ses activités sur quatre sites en France : Lacq, Parnac, Salin-de-Giraud et Saint-Cloud, tout en commercialisant ses produits à l'international.
Un partenariat stratégique avec la Chine pour le riz
En décembre dernier, M2i a franchi une étape majeure en signant un accord de transfert de technologie et de partenariat commercial avec l'entreprise chinoise Pherobio. Cette collaboration vise notamment à progresser dans la lutte contre le foreur de riz, un ravageur majeur des cultures. Philippe Guerret, PDG de M2i, souligne que « les taux de pénétration des solutions de biocontrôle ont dépassé les 50 % en Asie », justifiant ainsi cette orientation stratégique.
Investissements massifs pour les grandes cultures
Le groupe annonce un plan d'investissement de 10 millions d'euros sur les trois à cinq prochaines années. « C'est la phase naturelle du développement de notre groupe », explique Philippe Guerret. « On a commencé par les cultures de spécialité, puis les cultures maraîchères, et maintenant nous entrons dans les grandes cultures avec des volumes beaucoup plus importants, nécessitant des investissements significatifs. »
Les perspectives sont particulièrement prometteuses en Amérique du Sud, où M2i cible les cultures de maïs, notamment pour lutter contre le légionnaire d'automne. Le PDG prévoit « les deux premières homologations en Argentine et au Brésil d'ici 2026 », suivies d'une homologation pour le riz en Chine début 2027.
Lacq, berceau historique et futur pôle d'innovation
Malgré son expansion internationale, M2i réaffirme son attachement à Lacq, où l'aventure a commencé. Le site béarnais, qui emploie 40 personnes, reste le cœur des activités de chimie et de recherche & développement du groupe. Philippe Guerret défend le projet de « Phéromone vallée » en Béarn, une initiative visant à créer un pôle d'excellence autour des phéromones.
« Je veux que la prochaine étape de ce projet se fasse à Lacq », insiste le PDG. « J'y ai des savoir-faire, une maîtrise technologique et une connaissance des produits. Nous parlons de millions d'hectares à livrer sur des marchés comme la Chine, mais cela nécessite une vision de long terme et un plan stratégique général. »
Philippe Guerret, qui se dit animé par « la flamme pour la science française produite en France », voit dans le bassin de Lacq, dont l'histoire est liée à la chimie, un terreau fertile pour l'innovation. « Il faut s'appuyer sur cette histoire et sur les acteurs historiques existants », conclut-il, suggérant que les solutions biologiques pour les grandes cultures du monde entier pourraient bien émaner de ce territoire.



