L'association de défense des consommateurs Foodwatch a interpellé l'Union européenne ce mardi 19 mai 2026, l'exhortant à revoir son projet sur la sécurité alimentaire et les contrôles de pesticides. L'ONG a en effet décelé des substances interdites dans des aliments importés de pays tiers, dépassant les limites tolérées.
Des résidus de pesticides non autorisés dans des produits du quotidien
Foodwatch dénonce des failles dans le cadre juridique actuel, permettant la présence de résidus de pesticides non autorisés dans l'UE. L'organisation critique le fait que la Commission européenne ne réduise pas automatiquement les limites de résidus tolérés après l'interdiction d'une substance. De plus, Bruxelles autorise toujours la production de pesticides interdits sur le continent, qui sont exportés puis reviennent sur les étals européens via des importations, un phénomène qualifié de « boomerang ».
Des tests révélateurs
L'ONG a fait analyser en laboratoire 64 produits importés de pays tiers, commercialisés sous de grandes marques et marques de distributeurs en France, Allemagne, Autriche et Pays-Bas. Il s'agissait notamment de thé, d'épices et de riz. Sur cet ensemble, 14 produits contenaient des pesticides interdits dépassant les limites maximales de résidus (LMR) prévues par le règlement européen.
- Deux produits achetés en France étaient concernés : du paprika doux moulu Ducros contenant des résidus d'insecticides chlorfénapyr et flonicamide, et du riz Le Thaï Taureau Ailé contenant de l'anthraquinone au-delà des limites légales.
- En Autriche, du riz vendu chez Lidl contenait des résidus d'acétamipride, un insecticide néonicotinoïde.
- En Allemagne, des cumins vendus par Edeka et Lidl contenaient des résidus de l'herbicide Flamprop.
Une contamination généralisée
Globalement, sur les 64 produits testés, 45 présentaient des résidus de pesticides interdits en Europe, certains cumulant jusqu'à une vingtaine de ces substances. Parmi les plus fréquemment détectés figurent trois néonicotinoïdes ainsi que l'isoprothiolane, un fongicide utilisé sur le riz.
L'appel de Foodwatch
Cette démarche intervient alors que la Commission prépare un paquet législatif dit « omnibus » sur la sécurité alimentaire, contesté par les ONG. Foodwatch a appelé l'UE à « mettre en place, de manière urgente, une limite maximale de résidu à zéro pour l'ensemble des pesticides non-autorisés », à cesser le « commerce toxique » de ces substances, et le Parlement et les États membres à rejeter le paquet « Omnibus ».
Le texte prévoit des études d'impact individuelles plutôt qu'une réduction automatique des LMR, ce que Foodwatch dénonce comme un assouplissement général des règles gouvernant les évaluations de sûreté des substances. Le projet, dans un objectif de « simplification », permettrait notamment d'accorder une autorisation illimitée à certaines substances en supprimant les réexamens périodiques, sauf révision décidée par la Commission.



