Bordeaux : consultation publique sur le réseau de froid renouvelable de Canopia
Consultation publique sur le froid renouvelable à Bordeaux

Une étape clé pour le projet Canopia

Moins visible que le chantier de construction qui s'étend sur quatre hectares de friches entre la Garonne et la gare Saint-Jean, la consultation du public ouverte le 20 avril dernier constitue une étape primordiale pour l'achèvement du projet de réseau de froid renouvelable de Canopia. Cette nouvelle rue-quartier en construction à Bordeaux verra, ou non, Mixener autorisé par le préfet à installer ses équipements en bord de Garonne et à les exploiter pendant 27 ans.

Un système innovant à 95 % renouvelable

Mixener, filiale de Bordeaux Métropole Énergies et IDEX, propose au promoteur Apsys une solution de rafraîchissement « totalement innovante », selon François Agache, directeur général des opérations. Ce système s'inscrit dans l'approche environnementale des bâtiments et de leur végétalisation. Alors que la construction neuve multiplie les compresseurs pour la climatisation, Canopia sera équipé d'un réseau de distribution d'air froid produit dans le Pavillon, l'un des deux bâtiments en construction. Sur 780 m² enterrés, les équipements utiliseront l'eau à 95 °C récupérée de l'incinérateur de Bègles pour produire de l'eau froide à 7 °C, puis de la glace qui rafraîchira l'air des logements, commerces et bureaux. « Un système qui offre l'avantage d'être à 95 % renouvelable », souligne Cécile Hairault, directrice de Mixener.

Le principe de l'absorption

L'opération s'appuie sur un procédé physique bien connu : l'absorption. L'eau mélangée à de l'ammoniac circule en circuit fermé à travers un générateur, un évaporateur, un condenseur et un absorbeur. Ces machines utiliseront l'énergie issue de l'incinérateur, sans recourir massivement au réseau électrique. Ce froid produit par une pompe à chaleur à absorption est économique et ne crée « pas de nuisances visuelles ni sonores », ni de « bulle de chaleur supplémentaire en milieu urbain », selon Apsys et Mixener.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une autorisation environnementale nécessaire

Malgré ses vertus, le projet nécessite une autorisation environnementale en raison de l'installation d'équipements sur les bords et dans les eaux de la Garonne. Une estacade métallique d'une centaine de mètres, en aval du pont Saint-Jean, accueillera six échangeurs immergés à 7 mètres sous le niveau le plus bas du fleuve. Ils contribueront au refroidissement du dispositif sans pompage ni rejet d'eau, sur le principe « d'un radiateur de voiture » en circuit fermé. Les fluides caloporteurs profiteront du courant de la Garonne pour baisser en température.

Impact environnemental limité

Mixener assure que l'incidence sur le milieu aquatique sera minime, avec un réchauffement occasionnel de 0,93 °C des eaux pendant une centaine d'heures par an en période de pointe, alors que la Garonne atteint 28 °C. Le débit du fleuve (89 m³/s) est 400 fois supérieur à celui des eaux refroidies. Les effets sur la faune et la flore terrestre ont été étudiés et « n'ont révélé aucun risque majeur », selon Cécile Hairault. En cas de validation, les travaux maritimes seront réalisés en hiver, hors périodes de reproduction. Autant de signes de la volonté de faire de Canopia un « quartier durable, au vrai sens du terme », selon Maurice Bansay, fondateur d'Apsys.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale