École en plein air : un effet vertueux sur la posture des élèves et enseignants
École dehors : vertus pour posture élèves et enseignants

Corine Martel, inspectrice de circonscription dans l'Hérault et docteure en écologie, affirme que l'école en plein air a un effet vertueux sur la posture des élèves et des enseignants. Spécialiste de l'éducation au développement durable, elle coordonne les projets École dehors dans la région. Selon elle, apprendre dehors développe des capacités différentes de celles utilisées en classe.

Une pratique ancienne et en expansion

Le phénomène de l'école dehors est en pleine expansion, avec 249 aires terrestres éducatives et 24 aires marines éducatives dans la région. Pourtant, cette pratique est ancienne. Les pays d'Europe du Nord sont très en pointe, mais en France, ces pédagogies ont été préconisées dès les années 1930 par Elisée Reclus, puis Freinet ou Fernand Oury. L'idée est de sortir des quatre murs de l'école pour expérimenter et manipuler, ce que l'on appelait l'éducation intégrale : pour bien apprendre, il faut être bien dans son corps.

Ironie de l'histoire, la tuberculose d'avant-guerre avait incité à sortir les écoliers des classes, et le Covid a eu le même effet. Beaucoup d'enseignants s'y mettent, mais le manque de formation et la peur de ne pas être compris des parents sont des freins. Corine Martel propose un accompagnement : « On ne peut pas se lancer à l'aveuglette. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Régularité et autonomie

La régularité est nécessaire : un après-midi par semaine ou tous les quinze jours. Si l'on sort une fois par mois, l'enfant ne gagne pas en autonomie. Dehors, on travaille la confiance petit à petit, et l'enseignant devient un chef d'orchestre. Et s'il pleut ? On en profite pour étudier le cycle de l'eau. En cas de canicule, on sera mieux à l'ombre dans un parc ou au bord d'une rivière qu'entre les quatre murs de la classe.

Le projet « Grandir dehors » à Montpellier

La ville de Montpellier lance le programme « Grandir dehors » pour les élèves des 122 écoles, mais aussi pour les enfants des centres de loisirs et des crèches. Grégoire Delforge, vice-président de la Métropole délégué à la transition écologique, précise : « Ce n'est pas une affaire de baba cool, cette déconnexion avec la nature. 40 % des 3-10 ans en France ne jouent jamais dehors en semaine, et les enfants passent dix fois moins de temps dehors qu'il y a trente ans. Or, cela favorise les capacités d'apprentissage et l'inclusion. »

Le projet commence par une cartographie des espaces verts de la ville pour voir si des aménagements sont nécessaires. Il proposera de la formation au personnel des centres de loisirs, puis des crèches. Grégoire Delforge souligne : « L'ex-Languedoc-Roussillon est une terre bénie de l'éducation à l'environnement, avec beaucoup d'associations. Les collectivités doivent aider à mieux comprendre le dehors, car on protège ce qu'on connaît. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale