Dans une école du 13e arrondissement de Paris, surnommée « la bouilloire » par les enseignants et les parents d’élèves en raison de ses températures intérieures caniculaires, une série de travaux sobres et écologiques a permis de faire chuter la température de plusieurs degrés. L’établissement, qui accueille 250 élèves, a bénéficié d’un ensemble de mesures passives et peu coûteuses, sans recours à la climatisation.
Des travaux ciblés pour un confort thermique durable
Les travaux, menés entre 2025 et 2026, ont consisté en l’installation de stores extérieurs, la pose de végétation grimpante sur les façades exposées au sud, l’amélioration de l’isolation des combles et le remplacement des menuiseries par des modèles plus performants. Selon la mairie de Paris, le coût total des opérations s’élève à 450 000 euros, soit un montant bien inférieur à celui d’une installation de climatisation classique, estimé à plus d’un million d’euros pour un bâtiment de cette taille.
« Avant les travaux, en plein été, il faisait jusqu’à 38 °C dans les classes du dernier étage. Aujourd’hui, la température ne dépasse pas 28 °C, même lors des épisodes de canicule », explique Jean-Pierre Dupont, directeur de l’école. Ce résultat a été obtenu sans aucun système actif de refroidissement, uniquement grâce à des solutions architecturales et naturelles.
Une approche reproductible dans d’autres établissements
La mairie de Paris, qui a financé ces travaux dans le cadre de son plan de rénovation des écoles, souhaite désormais étendre cette approche à d’autres établissements confrontés à des problèmes similaires. « Nous avons identifié une centaine d’écoles parisiennes qui souffrent de surchauffe. Notre objectif est de déployer ce type de solutions sobres et écologiques dans toutes ces écoles d’ici 2030 », indique Anne-Claire Boux, adjointe à la maire de Paris chargée de l’éducation.
Les résultats de cette expérimentation ont été présentés lors d’une conférence de presse le 13 juillet 2026. Selon la mairie, la température intérieure moyenne a baissé de 4 °C par rapport à l’été précédent, et la consommation énergétique du bâtiment a été réduite de 30 % sur l’année.
Des solutions simples mais efficaces
Les mesures mises en œuvre sont pour la plupart peu coûteuses et faciles à reproduire. Les stores extérieurs, par exemple, bloquent jusqu’à 80 % des rayons solaires avant qu’ils n’atteignent les vitres. La végétation grimpante, quant à elle, crée une barrière naturelle qui réduit la température des murs de 5 à 10 °C. L’isolation des combles, enfin, limite les apports de chaleur par le toit, principale source de surchauffe dans les bâtiments anciens.
« Ce projet montre qu’il n’est pas nécessaire d’investir dans des technologies coûteuses pour lutter contre la chaleur. Des solutions simples, inspirées de l’architecture bioclimatique, peuvent être très efficaces », commente Claire Morel, architecte spécialisée dans la rénovation écologique, qui a supervisé les travaux.
Un enjeu d’adaptation au changement climatique
Cette initiative s’inscrit dans le contexte plus large de l’adaptation des écoles au changement climatique. Alors que les vagues de chaleur se multiplient, la question du confort thermique dans les établissements scolaires devient cruciale pour la santé et l’apprentissage des élèves. Selon une étude de l’Observatoire national des effets du réchauffement climatique (ONERC), 40 % des écoles françaises sont exposées à des températures intérieures dépassant 30 °C pendant au moins une semaine par an.
La mairie de Paris espère que cette expérience servira de modèle pour d’autres villes françaises. « Nous mettons à disposition de toutes les collectivités le guide technique que nous avons élaboré pour ces travaux. L’objectif est de partager notre savoir-faire et d’encourager la généralisation de ces solutions », conclut Anne-Claire Boux.



