Du samedi 13 au dimanche 14 juin, 29 jardiniers amateurs du département ouvrent gratuitement les portes de leur jardin au public pour partager leurs pratiques respectueuses de l'environnement. Compostage, récupération d'eau de pluie, paillage ou encore cultures sur butte : pendant deux jours, les jardiniers aveyronnais dévoilent leurs astuces pour cultiver autrement.
Un événement national pour promouvoir le jardinage naturel
L'événement national "Bienvenue dans mon jardin au naturel", porté par le réseau des Centres permanents d'initiatives pour l'environnement (CPIE), revient pour une 14e édition. Dans l'Aveyron, 29 jardiniers amateurs participent à l'opération en ouvrant gratuitement leur jardin aux visiteurs. Qu'ils soient partagés ou privés, tous ont en commun une même volonté : jardiner dans le respect de l'environnement et transmettre leur savoir-faire.
Des pratiques adaptées aux enjeux environnementaux
Dans le Sud-Aveyron, douze sites accueilleront le public, notamment à Nant, Creissels et Millau, où cinq jardins participent à l'opération. Certains proposeront également des animations variées autour du jardinage et de la biodiversité : ateliers lecture, expositions photographiques, démonstrations de compostage, découverte de la vie des sols, valorisation des déchets verts ou encore techniques de récupération de l'eau.
"Tous n'utilisent ni pesticides ni engrais chimiques. Ils mettent en œuvre différentes pratiques pour préserver les sols : récupération de l'eau de pluie, paillage, cultures sur butte, faux semis, rotation des cultures ou encore solutions d'adaptation au changement climatique", explique Agnès Borut, chargée de mission au CPIE du Rouergue.
Au jardin partagé de la Dourbie, l'autonomie comme moteur
Parmi les participants figure le jardin partagé de la Dourbie, l'un des trois sites millavois gérés par l'association Terre partagée millavoise. Le site compte 80 parcelles d'une cinquantaine de mètres carrés chacune, entretenues individuellement par leurs jardiniers. La majorité des adhérents sont des actifs, auxquels s'ajoutent quelques retraités.
"Sur le jardin partagé, chacun dispose de sa parcelle et cultive ce qu'il souhaite, à sa manière. En revanche, le matériel et le compost sont mutualisés", explique Jonathan Pissier, membre du comité de gestion de l'association. La production est destinée à un usage personnel et n'a aucune vocation commerciale.
Si l'idée de tendre vers l'autosuffisance séduit de nombreux jardiniers, elle reste difficile à atteindre. "Il faudrait environ 500 m² de terrain, quelques poules et y consacrer énormément de temps. Cela laisserait peu de place aux loisirs et obligerait à renoncer à de nombreux produits", souligne Jonathan Pissier. Une ambition qui reste également très dépendante des conditions météorologiques.
Pour lui et de nombreux autres jardiniers en herbe, l'un des principaux intérêts du jardinage réside dans le sentiment d'autonomie qu'il procure. "On dépend moins du système. Faire pousser soi-même ses légumes permet aussi de prendre conscience du travail nécessaire pour obtenir une telle production. C'est une belle leçon d'humilité."
Lors de ces portes ouvertes, entre simples curieux et futurs jardiniers, les échanges pourraient bien convaincre certains de franchir le pas et de se lancer à leur tour dans l'aventure du jardinage au naturel.



