77% des Français favorables aux langues régionales, selon un sondage Ifop
77% des Français pour les langues régionales, sondage Ifop

Selon un sondage Ifop publié fin août, l'idée régionale progresse nettement dans l'opinion française. 77% des personnes interrogées se déclarent favorables à la reconnaissance officielle des langues régionales, avec des pics à plus de 90% en Corse, en Alsace et au Pays basque. Par ailleurs, 68% des sondés estiment que les collectivités locales n'ont pas assez de pouvoir face à l'État, une progression de 18 points par rapport à 2012.

Un régionalisme en forte dynamique

L'étude, commandée par le collectif Régions et Peuples Solidaires (RPS), a été réalisée auprès de 8 panels totalisant 2000 personnes pour la France entière et 7 panels de 500 personnes dans des régions spécifiques : Alsace-Moselle, Bretagne, Corse, Savoie, Pays basque et espace occitan. Les résultats montrent que 71% des Français sont favorables à une France fédéralisée et 73% à une adaptation locale des lois. « Le régionalisme n'est pas un folklore porté par des militants hors jeu, il est au contraire en nette dynamique dans l'opinion, très majoritaire et radicalisé », commente François Kraus, directeur du pôle politique de l'Ifop.

Un rejet massif de la réforme de 2015

L'enquête révèle également une opinion très négative de la réforme territoriale de 2015 et des nouvelles grandes régions, jugées trop grandes et trop dépendantes de Paris. 68% des sondés souhaitent redéfinir ces régions en tenant compte des particularités historiques et culturelles. Ce rejet est particulièrement fort en Alsace, où la demande de retour à une région spécifique est massive.

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L'enseignement des langues régionales plébiscité

Sur la question des langues régionales, 81% des Français estiment que chaque élève devrait pouvoir apprendre la langue historique de sa région, et 84% en Occitanie. Ce soutien contraste fortement avec l'action de l'État, qui continue d'interdire l'emploi des langues régionales dans de nombreux domaines, y compris dans les collectivités locales. « Un abîme entre l'opinion et le refus tout récent du prénom Antòni avec un accent sur le ò », souligne l'étude.

Une défiance généralisée envers l'État et les médias

L'enquête mesure un rejet massif de l'organisation actuelle du pays : 9 Français sur 10 jugent l'État déconnecté des réalités locales, et 82% estiment que les médias sont trop polarisés sur Paris. « Ce regain régionaliste s'affirme comme une véritable dynamique majoritaire qui pousse à repenser l'organisation territoriale française », conclut François Kraus. Il s'agit pour l'instant d'une aspiration forte, mais qui manque de vecteur politique pour se transformer en revendication.

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