Noël Mamère exprime sa « grande tristesse » après la défaite écologiste à Bègles
Ce lundi 23 mars, Noël Mamère, ancien maire écologiste de Bègles, a fait part de sa profonde déception au lendemain de la défaite de son successeur, Clément Rossignol Puech. Le maire sortant écologiste s'est incliné de peu face à Christian Bagate dans ce bastion historique de la gauche, marquant un tournant politique local après des décennies de domination de la gauche et de l'écologie.
Un coup rude pour l'équipe en place
Interrogé sur d'éventuels échanges avec Clément Rossignol Puech depuis dimanche soir, Noël Mamère a répondu avec retenue : « Évidemment, mais je ne souhaite pas en dire davantage. Le coup a été rude pour lui et son équipe. Pour tous ceux qui travaillent avec lui depuis longtemps. Mon rôle n'est pas de verser du vinaigre sur les plaies, c'est d'essayer de l'aider à passer cette phase difficile. »
Une défaite historique analysée
Sur cette défaite historique de la gauche à Bègles, Mamère confie : « Je n'ai pas accueilli le résultat en applaudissant. Pour moi, c'est d'une grande tristesse. Mon successeur s'incline de peu. De manière démocratique, je souhaite bonne chance à son successeur. Désormais, il faut se poser les bonnes questions. »
L'ancien édile observe la situation de loin, n'étant plus engagé dans la vie municipale, mais il propose une analyse : « La première conclusion à tirer c'est que l'accord passé par Clément Rossignol Puech avec La France insoumise n'a pas fonctionné. Il n'a tout simplement pas été agréé par suffisamment de Béglais pour assurer sa victoire. »
Il rappelle les chiffres du premier tour : « Clément Rossignol Puech frôle les 38 % quand M. Bagate est à 33. Mais il ne faut pas oublier que derrière, LFI est à 17 % et l'extrême droite à 9,77 %. Une configuration très compliquée. »
Un bilan défendu malgré la défaite
Contestant l'idée que le maire sortant paierait son bilan, Mamère défend son successeur : « Clément Rossignol Puech et son équipe ont poursuivi le travail que j'avais commencé, avec toutes mes équipes, en 1989. Et je rappelle que ce travail a été plébiscité par une grande majorité de Béglais de 1989 à 2017. Même en 2020. C'est bien la preuve que les écologistes peuvent être appréciés des citoyens. »
Il insiste : « Clément Rossignol Puech n'a pas à rougir de son bilan. Ce sont les circonstances politiques qui font qu'il échoue. »
Le contexte national pointé du doigt
Noël Mamère estime que le climat national a joué un rôle déterminant : « Si l'on regarde les résultats des maires écologistes sortants, c'est une évidence. Le climat national ne nous est pas favorable. Nous vivons dans une espèce de paradoxe. Au moment où nos sociétés n'ont jamais eu autant besoin de politiques écologiques pour se sortir du chaos à venir, les écologistes sont rejetés, voire considérés par certains comme des ennemis. »
Il exprime un espoir : « J'espère que l'équipe qui vient d'être élue à Bègles saura sortir de la logique du conflit pour pratiquer le rassemblement. »
L'audibilité écologiste en question
Sur la capacité des écologistes à être audibles, Mamère nuance : « Ils le sont toujours. J'appartiens à la génération qui a contribué à faire infuser les idées écologistes dans la société française. Aujourd'hui, tous les Français y sont sensibles. La vraie difficulté, c'est de savoir comment passer de l'audible au faire. »
Il développe : « Le projet des écologistes concerne nos modes de vie, notre culture, notre façon d'habiter le monde. Dès qu'il s'agit d'y toucher, cela pose problème. » Et de critiquer : « Quand j'entends le nouveau maire de Bordeaux après cette injuste défaite imposée à Pierre Hurmic, nous expliquer que sa première décision est de rallumer les lumières la nuit… Franchement, si c'est ça son programme, merci ! »
Inquiétudes et espoirs pour l'avenir de Bègles
Interrogé sur ses inquiétudes pour l'avenir de Bègles, Mamère répond en démocrate : « Pourquoi ? Je suis un démocrate. Attendons de voir comment la nouvelle équipe mènera sa politique. S'ils arrivent à appliquer leur programme, tant mieux pour eux. »
Il conclut sur une note nostalgique mais constructive : « Je suis surtout malheureux de cette défaite. Après trente ans de communisme municipal, trente-sept ans d'écologie, une page se tourne. Il faut souhaiter qu'elle se tourne dans les meilleures conditions possibles. C'est-à-dire dans le respect de tous, sans esprit de vengeance. Avec, au contraire, une volonté de conciliation. »



