Le collectif Sauvegardons Razac essuie un revers judiciaire
Le collectif Sauvegardons Razac et ses nombreux soutiens n'ont pas obtenu gain de cause dans leur demande de suspension immédiate des travaux au sein de la carrière exploitée par le géant Imerys à Razac, en Dordogne. En effet, le juge des référés a formellement rejeté, ce vendredi 20 mars, la requête déposée par les quatre associations mobilisées contre le projet controversé d'extension de cette carrière de quartz.
Une procédure de référé suspension infructueuse
L'association Sauvegardons Razac et le bassin de la Côle, aux côtés de France nature environnement, de la Sepanso Dordogne et de SOS Forêt Dordogne, avaient déposé une demande en référé suspension le 27 février dernier. Cette procédure urgente réclamait l'arrêt immédiat des activités sur le site du lieu-dit Razac, près de Thiviers, le temps que le dossier soit examiné au fond. Un recours contentieux avait préalablement été introduit par ces mêmes organisations en décembre 2025.
L'audience s'est tenue le 19 mars au tribunal administratif de Bordeaux. Dans sa décision, le magistrat a estimé qu'« il n'y a pas de doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté préfectoral du 3 juillet 2025 », cet arrêté étant l'autorisation environnementale accordée à la multinationale Imerys pour ses opérations.
La complexité du dossier et les arguments des opposants
Les représentants des associations expliquent ce rejet par la complexité intrinsèque du dossier Razac. « Dans cette procédure, le juge des référés ne s'intéresse qu'au caractère évident de l'illégalité et de l'urgence », soulignent-ils, indiquant que le juge n'a pas identifié de vice de légalité suffisamment flagrant pour justifier une suspension des travaux.
Cette bataille judiciaire fait suite à de nombreuses actions de mobilisation, incluant des manifestations à Périgueux et Thiviers, ainsi qu'une grève de la soif menée par une membre du collectif. Une expertise commandée à la suite de ces mobilisations a conclu à « une forte présomption d'existence de sources et de ruisseaux » dans le périmètre du projet d'extension.
Rappelons que la préfecture de la Dordogne, dans un arrêté daté du 21 janvier, avait imposé à Imerys de protéger deux zones identifiées comme potentiellement menacées, en attendant la réalisation d'une étude complémentaire lors de la période estivale.
Les craintes environnementales persistent malgré le rejet
Pour le collectif associatif, ce « référé suspension défavorable ne stoppe pas la procédure » dans son ensemble. L'attente se porte désormais sur le jugement au fond, qui statuera sur le fond du litige. La principale inquiétude exprimée par les défenseurs de l'environnement est que « l'extraction commencée en amont des sources ne détruise les deux cours d'eau et les habitats des espèces protégées », citant notamment le sonneur à ventre jaune et la pie-grièche.
Un autre point de préoccupation majeur réside dans les délais souvent très longs de la justice administrative. « Il arrive souvent que le juge des référés rejette les demandes de suspension alors que le juge du fond reconnaît l'illégalité plusieurs années après et annule les autorisations », fait remarquer France nature environnement, mettant en lumière un décalage temporel qui peut s'avérer préjudiciable pour la protection des écosystèmes.
Les travaux se poursuivent donc à Razac, dans l'attente de la suite de cette procédure judiciaire qui oppose les impératifs industriels aux exigences de préservation du patrimoine naturel local.



