Le Cerader 47 réunit ses adhérents pour un bilan exhaustif de deux décennies d'action
Le Collectif pour l'élimination rapide de l'amiante et pour la défense des exposés aux risques (Cerader 47) a tenu son assemblée générale le 6 mars dernier, rassemblant une centaine de ses 421 adhérents. Fondé à Fumel en 2006, cette organisation militante a profité de cette rencontre pour dresser un état des lieux détaillé de ses activités et des enjeux actuels liés à l'amiante.
Des avancées juridiques notables mais des reculs sur le préjudice anxiété
Le président Alain Bousquet a présenté un rapport complet couvrant les vingt années d'existence du collectif, avec un focus particulier sur l'année 2025. Il a souligné une progression significative sur le plan juridique, notamment avec la reconnaissance en maladie professionnelle pour trois cas de cancer du sein sur quatre. De plus, des appels ont été engagés pour des dossiers de pathologies liées au travail de nuit ou à l'exposition à des produits dangereux.
Concernant les indemnisations pour l'amiante, des progrès ont été enregistrés, mais Alain Bousquet a exprimé sa déception face au rejet par la cour d'un jugement favorable sur le préjudice anxiété. Il a évoqué la possibilité d'une action en justice contre l'État pour la durée excessive du traitement des dossiers, une piste qui reste ouverte pour les victimes.
Le mémorial des victimes retardé mais toujours attendu
Parmi les projets phares du Cerader 47, la construction d'un mémorial dédié aux victimes de l'amiante a été abordée. Initialement prévue pour décembre, son installation a été reportée pour des raisons administratives. Les membres du collectif espèrent désormais voir ce monument érigé en 2026, symbolisant la mémoire et la lutte continue.
Une alerte urgente sur les déchets amiantés non traités
Bernard Vignals, responsable de la commission prévention et éradication de l'amiante, a tiré la sonnette d'alarme sur les millions de tonnes d'amiante restant non traitées en France. Il a dénoncé le fait que beaucoup de ces déchets sont encore enfouis, contrairement aux recommandations de l'Union européenne. « Il faut que le massacre cesse », a-t-il lancé, appelant les adhérents à interroger les candidats aux élections municipales sur la création de zones de dépôt spécifiques pour les déchets amiantés dans les déchetteries.
Les écoles, un point noir de la gestion de l'amiante
Alain Guéret, président de la Coordination de défense des victimes de l'amiante et des maladies dues au travail (Cavam), a alerté l'assistance sur la situation préoccupante dans les établissements scolaires. Il a réclamé que l'État fasse respecter l'obligation de diagnostic technique amiante dans toutes les écoles et crée un fonds de soutien aux municipalités pour mener à bien ces inspections. Il a également insisté sur la nécessité de traiter les dépôts sauvages d'amiante dans la nature, un enjeu de santé publique majeur.
Hommage aux membres fidèles du collectif
La réunion s'est conclue sur une note positive avec la décoration de quatre adhérents fidèles depuis vingt ans : Monique Anton, Patrick Domitille (premier président du Cerader 47), Denis Dabzak et Olivier Sottoriva. Cette reconnaissance symbolise l'engagement durable et le dévouement de ces militants dans la lutte contre les dangers de l'amiante.



