L'été en avion : une facture qui s'annonce particulièrement salée
Si vous avez prévu de prendre l'avion cet été pour vos vacances, mieux vaut avoir anticipé votre budget. En effet, avec le choc pétrolier provoqué par la guerre au Moyen-Orient, la facture des voyages aériens s'alourdit considérablement. Les hausses des prix des billets se généralisent et elles sont désormais inévitables, comme l'a déclaré Pascal de Izaguirre, président de la Fédération nationale de l'aviation (Fnam), dans les colonnes de La Tribune.
Des justifications multiples pour ces augmentations
Le PDG de Corsair, qui fait également office de porte-parole des compagnies aériennes en France, justifie cette situation par plusieurs facteurs convergents. Tout d'abord, l'augmentation significative du prix du kérosène, carburant essentiel pour l'aviation, pèse lourdement sur les coûts opérationnels. Ensuite, l'allongement des temps de vol, dû à des détours ou des restrictions aériennes, contribue à alourdir la note. Enfin, la suspension pour certaines compagnies de destinations dans des pays interdits de survol complique encore la donne.
Pascal de Izaguirre a également souligné un risque préoccupant : celui d'une pénurie de kérosène qui pourrait se tendre dans les prochaines semaines. Il a ajouté avec insistance que l'on pouvait s'attendre à de nouvelles hausses de tarifs dans les prochains mois si la situation venait à perdurer. Il a précisé qu'aucun réajustement rétroactif des tarifs n'était possible, ce qui signifie que les prix déjà annoncés pourraient encore grimper.
Des annulations de vols également à l'horizon
Avec ces hausses de prix du kérosène, des annulations de vols sont également à prévoir, selon le président de la Fnam. Il explique que si une compagnie aérienne constate qu'un vol dans un futur assez proche aura un coefficient de remplissage trop faible, et qu'il risque d'être lourdement déficitaire, alors elle peut préférer l'annuler purement et simplement. Cette décision, bien que difficile, devient une nécessité économique pour préserver la viabilité des entreprises du secteur.
Un impact variable sur les réservations
Concernant l'impact de ces hausses sur les réservations, Pascal de Izaguirre se montre un peu plus circonspect. Il reconnaît que l'impact est déjà fort pour les secteurs du tourisme, qui dépendent étroitement de la fluidité des transports aériens. Cependant, pour les compagnies aériennes elles-mêmes, la situation est très variable. Certaines compagnies bénéficient même d'un effet de report favorable aux destinations qu'elles desservent, car les voyageurs se rabattent sur des itinéraires moins affectés par les conflits ou les restrictions.
En résumé, l'été 2023 s'annonce complexe pour les voyageurs aériens. Entre les hausses de prix inévitables, les risques d'annulations et la volatilité du marché du kérosène, il est plus que jamais nécessaire de planifier ses déplacements avec soin et de suivre de près l'évolution de la situation géopolitique et économique.



