La Métropole de Montpellier a approuvé mardi 23 juin le lancement d'une procédure visant à introduire un service de vélos en libre-service « free floating », sans station d'attache, sur les 31 communes du territoire. Cette décision interroge directement sur l'avenir de Vélomagg, le service historique exploité par TaM depuis près de vingt ans.
Un appel à manifestation d'intérêt pour des opérateurs privés
Concrètement, la collectivité souhaite faire appel à un ou plusieurs opérateurs privés qui mettraient à disposition des vélos, probablement à assistance électrique, accessibles via une application mobile. Contrairement à Vélomagg, les usagers n'auront plus à rapporter leur vélo dans une station dédiée. La restitution se fera par géolocalisation, dans des zones autorisées définies à l'avance pour éviter l'encombrement de l'espace public. Un appel à manifestation d'intérêt (AMI) a été lancé pour sélectionner un nombre limité d'opérateurs, mais aucun calendrier précis n'a été avancé pour le déploiement.
Un système jugé vieillissant face à une solution moderne
Vélomagg repose sur un réseau d'une cinquantaine de stations où les vélos doivent être retirés puis restitués. Selon Jean-Luc Savy, élu de Juvignac, ce système est dépassé et représente un coût de fonctionnement annuel d'environ 800 000 euros. Il voit dans le free floating « une réponse simple, moderne et complémentaire à Vélomagg », ouverte à toutes les communes de la Métropole, avec un usage plus fluide du vélo tout en « garantissant une cohabitation apaisée avec les piétons ».
Des oppositions politiques et des craintes sur le coût
Le débat a rapidement pris une tournure politique. L'opposant insoumis Rhany Slimane a lancé : « On donne la location de vélo au privé. On continue de privatiser et on se réclame de gauche. » Le président de la Métropole, Michaël Delafosse, a répliqué en rappelant qu'en 2020, Slimane militait sur la liste du milliardaire Mohed Altrad. Julia Mignacca (LFI et Verts populaires) a regretté que la Métropole « approuve une nouvelle solution sans réel bilan de Vélomagg ». Elle a plaidé pour « des services publics solides, pas dans une logique de marché », redoutant qu'un système free floating soit « plus coûteux pour l'usager qui ne peut pas se payer un vélo ». Selon elle, de nombreux usagers estiment que Vélomagg a été sous-investi ces dernières années.
Un avenir incertain pour Vélomagg
Michaël Delafosse n'a jamais annoncé la disparition de Vélomagg, mais cette évolution interroge. Reste à savoir si cette nouvelle offre viendra compléter Vélomagg ou préparer discrètement sa sortie de route.



