Un projet ferroviaire historique prend forme sur la rive droite du Rhône
Le projet de réouverture complète de la ligne ferroviaire de la rive droite du Rhône, reliant Le Teil à Nîmes, franchit une nouvelle étape décisive. Après la réouverture réussie des gares de Bagnols-sur-Cèze et Pont-Saint-Esprit en août 2022, l'attention se porte désormais sur les prochaines étapes du chantier.
Une consultation publique très favorable
Une réunion de clôture de la consultation environnementale s'est tenue jeudi 12 février à Roquemaure, en présence de Jeanine Riou, commissaire enquêteur, et de représentants de la SNCF. Cette consultation, lancée le 24 novembre 2025 pour une durée de trois mois, a recueilli 330 observations du public.
Le résultat est sans appel : près de 92% des avis exprimés sont favorables à la réouverture de cette ligne ferroviaire historique. "Cela témoigne de la forte attente du public", a souligné Jeanine Riou lors de cette réunion qui a rassemblé une trentaine de personnes.
Les arguments avancés par les partisans du projet sont multiples :
- Gain de temps significatif pour les déplacements quotidiens
- Réduction de la pollution et des émissions de gaz à effet de serre
- Amélioration de l'attractivité touristique du territoire
- Meilleure accessibilité aux sites emblématiques comme le Pont du Gard
Calendrier des prochaines ouvertures
Le projet se déploie en deux tranches distinctes. La tranche 1, actuellement en cours, concerne spécifiquement les gares du Teil en Ardèche, Villeneuve-lès-Avignon et Roquemaure. L'ouverture de la gare de Villeneuve-lès-Avignon est prévue pour fin 2027, suivie par celle de Roquemaure fin 2028.
"La ligne est fermée depuis 1973 ici. C'est une chance pour la mobilité douce et les liaisons entre certains quartiers de la ville et le Pôle d'échange multimodal. C'est aussi bien pour notre attractivité économique", a déclaré Nathalie Nury, maire de Roquemaure.
Réponses aux préoccupations environnementales
Parmi les quelques avis défavorables exprimés lors de la consultation, les nuisances sonores potentielles ont été évoquées. Charles Soulet, représentant pour l'assistance à maîtrise d'ouvrage environnemental AREP (filiale de la SNCF), a apporté des éléments de réponse précis : "Les études réalisées valident le respect des seuils réglementaires en matière d'impact sonore".
À l'issue de cette consultation, le commissaire enquêteur devra remettre son rapport et ses conclusions entre le 16 et le 20 mars à la préfecture. La décision préfectorale est attendue en avril ou mai 2026, ce qui permettra le démarrage effectif des travaux.
Un projet aux objectifs multiples
Initié en 2016 suite aux États généraux du rail et de l'intermodalité organisés par la région Occitanie, ce projet ferroviaire poursuit plusieurs objectifs stratégiques :
- Renforcer la desserte en transports en commun dans le Gard rhodanien
- Réduire l'usage quotidien de la voiture individuelle
- Améliorer l'accessibilité du territoire
- Accompagner le développement économique local
Une fois la tranche 1 terminée, la SNCF lancera la tranche 2 qui concernera les gares de Laudun-L'Ardoise, Aramon, Remoulins et Marguerittes. Cette phase inclura également l'aménagement de passerelles à Bagnols et Pont-Saint-Esprit pour améliorer l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite, ainsi que la création d'une Origine/Terminus à Pont-Saint-Esprit pour permettre aux trains de faire demi-tour.
Ce projet de réouverture ferroviaire représente ainsi une avancée majeure pour la mobilité durable dans la région, répondant à la fois aux enjeux environnementaux et aux besoins de déplacement des habitants et visiteurs du territoire rhodanien.



