Christian Hamard exige la réouverture de la ligne Blaye-Saint-Mariens avant 2028
Ligne Blaye-Saint-Mariens : le combat pour sa réouverture s'intensifie

Un militant infatigable pour la renaissance ferroviaire

Christian Hamard, président de l'Amicale des usagers du train, mène un combat acharné pour la remise en service de la ligne Blaye-Saint-Mariens. Avec une détermination sans faille, il interpelle directement la Région Nouvelle-Aquitaine et son président, Alain Rousset, en déclarant avec fermeté : « Les promesses, ça commence à bien faire ». Son objectif est clair : obtenir un engagement ferme pour la résurrection de cette infrastructure avant la fin du mandat régional en 2028.

Une ligne vitale pour le territoire

Cette ligne ferroviaire représente un enjeu crucial pour le désenclavement de la sous-préfecture de Blaye, actuellement la seule non reliée à la métropole bordelaise par le rail. Pourtant, les communes concernées contribuent financièrement au réseau ferré régional par une taxe répercutée sur les habitants, qui se trouvent ainsi privés de ce mode de transport essentiel. La réouverture permettrait une connexion au futur RER régional, offrant une alternative durable à la congestion routière.

Des bénéfices multiples et chiffrés

Les avantages d'une telle réouverture sont substantiels. Sur le plan pratique, elle désengorgerait la RD 137, où circulent quotidiennement 17 000 véhicules. Le train permettrait de parcourir les 24 kilomètres en seulement 25 minutes et d'atteindre Bordeaux en 1 heure et 5 minutes, générant un gain de temps considérable et réduisant le stress des usagers. L'impact écologique serait également significatif, en favorisant un mode de transport plus respectueux de l'environnement.

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Une expertise ferroviaire incontestable

Christian Hamard ne parle pas en amateur. Son engagement s'enracine dans une solide expérience professionnelle : il a travaillé pendant vingt-huit ans au sein de TSO, une entreprise majeure spécialisée dans la construction de voies ferrées, ayant notamment contribué à la ligne LGV Tours-Bordeaux. Cette expertise est renforcée par un héritage familial, son grand-père ayant été cheminot responsable de secteur et son père employé dans les usines SNCF à Chambly dans l'Oise.

Des études techniques pour étayer la demande

Pour appuyer son plaidoyer, Christian Hamard s'appuie sur plusieurs études techniques approfondies. En 2015, la société Olichon, filiale de TSO, a réalisé une étude estimant le coût de renouvellement de la voie ferrée à 24 millions d'euros, hors passages à niveaux et tabliers de ponts. En 2020, les cabinets Ferro-Connect et Artelia ont mené une pré-étude complète, incluant l'inventaire des ouvrages d'art et des passages à niveaux, transmise à la Région sans réponse.

En 2023, TSO a dépêché un directeur de projet accompagné de Christian Hamard pour une inspection minutieuse de la ligne sur trois jours, aboutissant à 350 photographies permettant une évaluation précise des travaux nécessaires. Selon Hamard, la Métropole de Bordeaux et le Département ont exprimé par écrit leur volonté de participer au financement, sous réserve d'une initiative régionale.

Un coût estimé et des perspectives innovantes

Christian Hamard évalue le coût de réouverture à environ 40 millions d'euros, en se basant sur les travaux réalisés sur la ligne Saintes-Niort (75 km pour 115 millions d'euros). Il conteste ainsi l'estimation de 120 millions d'euros avancée par le nouveau maire de Blaye, Éric Japiot. Il mise également sur le projet de train léger Telli, en étude au Ferro Campus de Saintes, qui pourrait fonctionner en bi-mode avec des batteries sur ce tronçon, évitant une coûteuse électrification.

La position régionale et les blocages

Face à ces arguments, la Région, par la voix de Renaud Lagrave, vice-président des mobilités, souligne les obstacles techniques et financiers. Il rappelle que le réseau appartient à l'État et à la SNCF, et que la Région n'est pas en mesure de financer seule les travaux de réfection des rails et de signalisation, essentiels pour garantir la sécurité. Il renvoie à la future loi-cadre sur la mobilité, prévue le 14 avril, qui définira la programmation ferroviaire nationale.

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Une mobilisation citoyenne croissante

Malgré les réticences institutionnelles, la mobilisation ne faiblit pas. Une pétition a déjà recueilli 1 900 signatures, témoignant d'un soutien populaire. Christian Hamard résume sa conviction : « Il n'y a que les sédentaires, ceux qui n'ont pas besoin de se déplacer, qui sont contre le train ». Il insiste sur l'importance stratégique de cette ligne, notamment avec la construction du campus des métiers à Blaye et le projet d'installation des EPR2, qui augmenteront sa fréquentation.

Le débat reste vif, opposant une volonté citoyenne portée par des études techniques à des contraintes budgétaires et réglementaires. L'avenir de la ligne Blaye-Saint-Mariens se jouera dans les prochains mois, entre engagements politiques et réalités financières.