Une charte nationale contre les violences sexistes dans les transports signée à Paris
Charte nationale contre les violences sexistes dans les transports

Une mobilisation historique pour sécuriser les transports français

Ce lundi 30 mars 2026 marque une étape cruciale dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans les transports en France. Une charte commune, rassemblant pour la première fois l'ensemble des acteurs du secteur, sera officiellement signée à la Gare du Nord à Paris. Cette initiative, portée par le ministre des Transports Philippe Tabarot et la ministre de l'Égalité femmes-hommes Aurore Bergé, vise à harmoniser les actions jusqu'ici menées de manière disparate.

Une réponse à des chiffres alarmants

La nécessité de cette charte s'appuie sur des statistiques préoccupantes. En 2024, les services de police et de gendarmerie nationale ont enregistré 3.374 victimes de violences sexuelles dans les transports en commun sur l'ensemble du territoire français. Ce chiffre représente une augmentation de 6% par rapport à 2023 et une hausse spectaculaire de 86% depuis 2016, selon les données de l'Observatoire de la Mission interministérielle pour la protection des femmes.

Les femmes demeurent les principales cibles de ces violences, constituant 91% des victimes selon l'enquête du service statistique ministériel de la sécurité intérieure. Cette réalité préoccupante a motivé la mise en place d'un cadre d'action coordonné à l'échelle nationale.

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Les trois piliers de la charte

La charte s'articule autour de trois axes principaux, faisant suite à l'annonce en décembre d'un plan national par Aurore Bergé :

  1. Mieux qualifier et quantifier les violences : L'objectif est d'objectiver l'ampleur du phénomène et d'identifier les zones d'insécurité grâce à des marches exploratoires méthodiques.
  2. Développer des solutions opérationnelles concrètes : Parmi les mesures prévues figurent la descente à la demande, le renforcement des dispositifs de signalement comme le numéro 3117 dédié aux agressions en Île-de-France, et le déploiement d'équipes de médiation et de sûreté spécialisées.
  3. Renforcer la formation et la sensibilisation : Un accent particulier sera mis sur la formation des personnels et la diffusion régulière de messages d'information à destination des usagers.

Une signature collective et symbolique

La cérémonie de signature réunira des acteurs institutionnels et associatifs sans précédent. Parmi les signataires figurent le Groupement des autorités organisatrices de transport, Régions de France, Île-de-France Mobilités, l'Union des transports publics et ferroviaires, la Fédération nationale des transports de voyageurs et l'Organisation des transporteurs routiers européens. Des associations engagées dans la lutte contre les violences faites aux femmes participeront également à cet événement historique.

En amont de la signature, Philippe Tabarot et Aurore Bergé, accompagnés du ministre délégué à l'Intérieur Jean-Didier Berger et de Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, rencontreront les agents du Centre national de sûreté ferroviaire. Cette visite symbolique souligne l'importance accordée à la sécurité des usagers et des personnels.

"L'ambition est claire : prévenir davantage, mieux détecter les situations à risque, améliorer la prise en charge des victimes, garantir que chaque signalement trouve une réponse concrète", précise un communiqué officiel transmis à l'Agence France-Presse. Cette charte représente donc un engagement collectif fort pour transformer durablement la sécurité dans les transports français.

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