Suppression des bus nocturnes Zou ! 621 et 661 : la colère des usagers à Cannes et Grasse
Bus nocturnes supprimés : la colère des usagers à Cannes et Grasse

À partir du 1er septembre 2026, les lignes de bus nocturnes Zou ! 621 (Cannes-Nice) et 661 (Cannes-Grasse) cesseront de circuler les vendredis, samedis et veilles de jours fériés. La Région Sud a également décidé de supprimer deux lignes de transport à la demande dans l’arrière-pays niçois (Puget-Villars et Estéron-Puget). Cette décision, annoncée le 19 août 2026, suscite une vive opposition parmi les usagers réguliers de ces services, qui dénoncent une perte de mobilité essentielle pour les étudiants, les travailleurs de nuit et les personnes sans voiture.

Une décision qui pénalise les usagers les plus vulnérables

Nader, résident grassois et futur étudiant à la faculté des lettres de Carlone à Nice, exprime son mécontentement : « C’est vraiment une mauvaise décision. Je prends ce bus quasiment tous les vendredis et samedis. Il permet de sortir, tout en économisant de l’argent, puisque je n’ai pas besoin de commander un taxi ou un Uber. Et ça permet aussi à des personnes de ne pas prendre le volant. Il y a aussi des personnes qui travaillent et qui finissent tard : cela leur permettait de rentrer chez elles en sécurité. »

Son ami Alex Olijnyk a lancé une pétition en ligne pour protester contre ces suppressions. Il témoigne : « Je vis ou circule quotidiennement dans ces zones et je ressens la colère face à la perte d’un service essentiel. Ces suppressions toucheront directement les travailleurs de nuit, les étudiants, les personnes âgées et toutes les personnes sans voiture. » La pétition demande « l’abandon immédiat de ces suppressions et la révision du plan de mobilité régional pour maintenir ces lignes et dispositifs indispensables », ainsi qu’une « concertation publique rapide avec les usagers et les élus locaux ».

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Les élus locaux montent au créneau

Jean-René Laget, opposant divers droite non élu à Grasse, critique également cette décision : « Pousser les jeunes à reprendre la voiture quand ils vont en soirée, interdire les sorties aux femmes, aux personnes âgées et aux autres non véhiculés, pénaliser certains travailleurs nocturnes qui n’ont pas de voiture ou préfèrent éviter de l’utiliser pour des raisons budgétaires, au risque de les obliger à chercher un nouvel emploi… Se déplacer en bus n’a jamais été aussi compliqué. »

Pour les usagers, cette suppression intervient dans un contexte où la mobilité dans la région est déjà difficile, notamment après la mise en place de la gare routière provisoire à Grasse, qui a cristallisé les mécontentements. La décision de la Région est perçue comme un recul pour l’accessibilité et la sécurité des déplacements nocturnes.

La Région justifie par une fréquentation faible et un budget tendu

Contactée, la Région Sud indique que, concernant les lignes nocturnes Zou ! 621 et 661, elle « a toujours veillé à maintenir des conditions de voyage adaptées », notamment avec la présence systématique d’un agent de sécurité à bord et la possibilité de demander une descente entre deux arrêts. Cependant, la collectivité estime que « la fréquentation reste particulièrement faible », avec en moyenne huit voyageurs par trajet sur la ligne 621 et six sur la ligne 661, pour des services assurés uniquement les nuits de vendredi et de samedi.

La Région met en avant des solutions alternatives sur ces deux axes, « notamment grâce à l’offre ferroviaire régionale ». Elle explique vouloir adapter son offre à l’issue de la période estivale, dans un contexte budgétaire « tendu » qui « contraint toutes les collectivités à optimiser les dépenses publiques ». La collectivité précise avoir souhaité que cette évolution intervienne « après l’été », période durant laquelle ces services connaissent leur niveau d’utilisation le plus important, afin de ne pas pénaliser les déplacements nocturnes pendant la saison estivale.

Malgré ces justifications, la suppression des bus nocturnes reste mal acceptée. La pétition en ligne continue de recueillir des signatures, et les usagers espèrent que la Région reviendra sur sa décision ou proposera des alternatives adaptées aux besoins du territoire. En attendant, dès le 1er septembre, les vendredis et samedis soirs, les habitants de Cannes et Grasse devront trouver d’autres moyens de se déplacer.

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