Bordeaux relance le projet de contournement autoroutier
Bordeaux relance le projet de contournement autoroutier

Le maire de Bordeaux et son homologue de Libourne ont évoqué conjointement la nécessité de remettre le projet de grand contournement autoroutier de Bordeaux sur le devant de la scène. Objectif : désengorger la rocade et désenclaver l’intérieur du territoire.

Un retour inattendu

Le grand contournement autoroutier de Bordeaux est-il en train de s’offrir un surprenant retour sur scène ? Abandonné par l’État en 2008, au lendemain du Grenelle de l’environnement, ce vieux projet a ensuite fait plusieurs réapparitions sporadiques, avant de replonger à chaque fois dans les oubliettes. Une « erreur » que le nouveau maire de Bordeaux et président de la Métropole, le Renaissance Thomas Cazenave, et son homologue de Libourne, le socialiste Philippe Buisson, veulent corriger. Les deux élus se sont rencontrés à Libourne le 12 mai, lorsque Thomas Cazenave est venu présenter à Philippe Buisson son « pacte girondin », un projet de coopération entre Bordeaux Métropole et les territoires voisins, sur des sujets qui dépassent les compétences respectives de chacun.

Un sujet remis sur la table

Parmi les sujets évoqués ce jour-là, le grand contournement de Bordeaux, que l’on pensait mort et enterré. « Évidemment qu’on en a parlé, le laisser faire et le laisser en l’état n’est pas acceptable », confirme Philippe Buisson. Lequel précise que les deux élus sont tombés d’accord sur « [leur] attachement à relancer des études ». De son point de vue, Thomas Cazenave reprend le dialogue Bordeaux-Libourne engagé en 2023 par l’ancien président de la Métropole, Alain Anziani (décédé en juillet 2025), et, déjà, Philippe Buisson.

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« C’est une idée qui a été remise sur la table et dont il nous faudra voir si c’est une proposition qui a du sens et qui est atteignable », a déclaré la nouvelle préfète, Sophie Brocas, installée ce lundi 18 mai. « Parmi d’autres projets », précise-t-elle, en évoquant notamment le « RER Métropolitain », ce meilleur cadencement des trains, qui lui aussi vise à réduire la pression du trafic sur la rocade.

Une impéritie totale

À l’époque, ils avaient fait le constat qu’une part importante du trafic international nord-sud de la façade Atlantique transite par la rocade de Bordeaux. Une anomalie : il y est à la merci de sa thrombose chronique (140 000 véhicules par jour, dont 20 000 camions), qu’il contribue à alimenter. « C’est une impéritie totale de ne pas reréfléchir le grand contournement de Bordeaux », ajoute le maire de Libourne.

De son côté, Thomas Cazenave estime que les projets routiers ont encore un avenir, dans un contexte de congestion quotidienne de la rocade. Ce dernier a non seulement inscrit le sujet dans son pacte girondin, mais aussi dans le pacte de mandature 2026-2032 de la Métropole, certes sans le nommer ouvertement. Le document engage à poursuivre « les transformations de la rocade et la définition d’un nouveau projet d’infrastructure capable de dévier le trafic international pour redonner de la fluidité aux déplacements du quotidien sur notre territoire ».

Par ailleurs, il sera également évoqué dans la prochaine mouture du schéma métropolitain des mobilités, annoncée avant la fin de 2026 sous la baguette du maire LR de Saint-Aubin-de-Médoc, Christophe Duprat, vice-président de Bordeaux Métropole chargé des déplacements.

La solution des barreaux

Si la super rocade envisagée du temps de l’ex-président du Conseil général de la Gironde, Philippe Madrelle, n’a plus court, le schéma des barreaux reliant des autoroutes déjà en service semble faire consensus. Sans remonter jusqu’au protocole de coopération adopté en 2017 entre Bordeaux, Limoges et Mont-de-Marsan pour une liaison par barreaux, Philippe Buisson évoque un axe A 89-A 62 entre Mussidan et Langon. Soit un bout de contournement par l’est de Bordeaux, à travers l’Entre-deux-Mers. Un territoire ou l’arrachage des vignes pourrait offrir des opportunités foncières.

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Pour lui, il doit répondre à deux priorités : desserrer le piège de la rocade de Bordeaux et désenclaver l’intérieur de la Gironde, un secteur resté à l’écart du dynamisme métropolitain. Thomas Cazenave est également favorable à l’hypothèse des barreaux permettant de mieux irriguer l’intérieur de la région et éloignant vers l’est le trafic poids lourds international.

L’obstacle de la finance

« Le sujet est toujours devant nous, le trafic routier ne va pas s’évaporer, mais il y a deux murs : le coût du projet et son acceptabilité », ajoute néanmoins le cabinet du maire de Bordeaux. Les incertitudes sur le projet de LGV Bordeaux-Toulouse/Dax montrent à quel point la question des finances est cruciale. Quant au projet de liaison autoroutière entre Toulouse et Castres (A 69), il illustre comment les projets d’infrastructures sont de plus en plus difficiles à faire admettre. Deux obstacles qui se sont aussi dressés à chaque réapparition du projet de contournement de Bordeaux.

Barreaux pour aller où ?

La solution des barreaux est défendue par les partisans du projet de contournement, mais dans sa configuration minimaliste (une liaison A 89-A 62) elle ne réglerait pas la question du trafic nord-sud. Ce serait un barreau isolé, non connecté à l’axe nord-sud européen, dont le trafic emprunte la liaison A 10 (Paris-Bordeaux)/A 63 (Bordeaux-Espagne), via la rocade est de Bordeaux.