Emmanuel Brehmer, président du directoire de l'aéroport de Montpellier Méditerranée depuis 2015, se veut rassurant quant à la capacité de la plateforme et des compagnies qui la desservent à assurer normalement leur programme de vols pour les semaines et mois à venir, dans un contexte géopolitique extrêmement volatil.
Un risque de pénurie écarté, mais une facture salée
Interrogé sur un éventuel risque de pénurie de carburant aviation, Emmanuel Brehmer déclare : « Pour cela, je fais confiance au gouvernement. » Il ajoute : « S'il n'y a pas de pénurie, le risque vient d'un impact fort sur le coût du billet. » Selon lui, les compagnies traditionnelles pourraient voir leurs tarifs augmenter jusqu'à 25 %, tandis que les compagnies à bas coûts pourraient subir une hausse de 50 % de leurs coûts d'exploitation, qualifiée de « colossale ».
Des signaux inquiétants dans le secteur
Certaines compagnies, comme Lufthansa et Transavia, ont déjà supprimé des vols. Emmanuel Brehmer explique que les compagnies aériennes, depuis la crise sanitaire, ont besoin d'une profitabilité à court terme, parfois sur un mois seulement. « Qu'un avion vole ou ne vole pas, il génère des coûts fixes. Tant que les revenus couvrent les coûts variables, la compagnie vole. Si ce n'est plus le cas, elle ne vole plus. »
Pas d'impact immédiat sur Montpellier
Pour l'instant, aucune répercussion ne touche l'aéroport de Montpellier ni les compagnies qui le desservent. Le programme de vols pour l'été sera assuré. Concernant l'avitaillement en carburant, assuré par Air Total, le président affirme : « Nous n'avons pas de pénurie et aucune inquiétude à ce sujet à ce jour. »
Une pression partagée entre aéroports
Emmanuel Brehmer souligne que les aéroports de taille comparable connaissent les mêmes situations, pressions et difficultés. « Nous ne nous disons pas tout, car nous sommes tous sous la pression des compagnies. » Pour les petits aéroports dépendant d'une seule compagnie low cost, la situation est plus fragile.
Des annonces à venir
Malgré ce contexte morose, des bonnes nouvelles sont attendues : le lancement de la base de Volotea à l'automne, avec un avion basé et vingt-cinq nouvelles destinations, est maintenu. Quant au renforcement de la base de Transavia avec un deuxième Airbus A320 en 2027, la direction ne peut pas encore s'exprimer. Enfin, une « grosse annonce » sur l'aspect domanial de l'aéroport est prévue début juin.



