Saison de surf à Biarritz : un démarrage en demi-teinte
Alors que les vacances scolaires s'achèvent pour la zone A, incluant Bordeaux, et débutent pour la zone C avec Paris, tandis que la zone B est encore en congé, le lancement de la saison des écoles de surf biarrotes présente un visage contrasté. Les cours ont officiellement repris, mais l'activité avance sans véritable emballement, tiraillée entre une météo capricieuse, des vagues souvent solides et des réservations de dernière minute.
Une activité modérée malgré la reprise
Lucas, de Biarritz Surf Training, témoigne d'une situation relativement stable : « On arrive à travailler en ce moment. On envoie deux groupes par jour, soit 10 à 12 élèves, et ce malgré les conditions parfois difficiles. » Cependant, le tableau n'est pas uniformément optimiste. Thomas Gouffrant, de l'école Lagoondy, adopte un ton plus réservé : « C'est vide. C'est super calme. On bosse uniquement les week-ends pour l'instant. » Du côté de l'école de Jo Moraiz, on évoque également un début de printemps « calme », avec des cours maintenus quotidiennement mais sans franche accélération avant l'arrivée des vacanciers parisiens.
Des conditions de vagues exigeantes
Les conditions océaniques expliquent en grande partie cette dynamique hésitante. Depuis le 1er avril, la Côte des Basques n'a certes pas été à l'arrêt complet, mais les vagues, souvent puissantes dans la continuité de l'hiver, n'ont pas facilité le travail des écoles. Pol Plantec, de l'école Hastea, résume : « Les cours pour débutants se déroulent toujours un peu dans la mousse, ce qui limite les possibilités. » À l'école Jo Moraiz, il a parfois fallu regrouper tous les élèves sur un seul créneau horaire, calé au moment optimal, en raison des vagues importantes et du manque d'espace sur la plage. Les surfeurs intermédiaires, quant à eux, peuvent renoncer ou se déplacer vers des spots plus abrités, comme Hendaye au sud.
Une clientèle devenue ultra-réactive
Au-delà des vagues, les moniteurs pointent un changement profond dans les habitudes de réservation. Thomas Gouffrant observe : « Les clients ne réservent plus une semaine entière de cours. Ils optent plutôt pour un ou trois cours, en fonction des conditions. » Pol Plantec abonde : « Avant, on avait des semaines bien établies. Maintenant, c'est plus flexible : les gens viennent trois jours, puis consultent la météo. » Le marché est devenu extrêmement réactif, très dépendant de l'ensoleillement, et de plus en plus digitalisé. « Les réservations passent majoritairement par Internet », ajoute Thomas Gouffrant, qui note également une concurrence accrue entre les écoles de la Côte des Basques.
Le paradoxe biarrot
Plusieurs professionnels soulignent un paradoxe intrigant. Une monitrice de l'école Jo Moraiz confie : « On a l'impression qu'il y a beaucoup de monde à Biarritz, mais peu de personnes qui suivent des cours de surf. » Dès que le soleil fait son retour, les réservations repartent à la hausse, indiquant une sensibilité accrue aux conditions météorologiques. Signe tangible de l'entrée dans la saison littorale, la Ville de Biarritz a relancé la surveillance de plusieurs plages dès le 4 avril, marquant officiellement le début de la période estivale sur le littoral.



