Depuis le 1er juillet, les plages font partie des nouveaux espaces sans tabac. À Sète, si la nouvelle réglementation n’est pas encore rentrée dans toutes les têtes, elle est, en grande majorité, saluée par les non-fumeurs comme les fumeurs.
Des fumeurs encore surpris
Nonchalamment installé sur le bain de soleil qu’il a loué pour la journée, Franck tire sur sa cigarette. « Ah oui, c’est vrai que c’est interdit ! », se remémore soudain le Montpelliérain. Et de se dédouaner en ajoutant : « Je viens rarement à la plage aussi. » Un peu plus loin, trois jeunes femmes en pleine bronzette s’étonnent aussi : « On ne savait pas. On ne fume pas, donc on ne fait pas attention s’il y a des fumeurs autour de nous. »
Moins de mégots sur le sable
À Sète, des panneaux informent de cette nouvelle interdiction sur le littoral. En ce dimanche matin d’août, alors que les familles déferlent sur le sable chaud, les consignes semblent respectées. Peu de fumeurs s’en grillent une du côté de la plage de la Fontaine et du Lido. « C’est plutôt rare, confirme Priscilla, il y a plus d’incivilités aux abords des parcs pour enfants. Là, ceux qui fument s’éloignent peut-être du bord de mer, où il y a le plus de monde. » La Sétoise est elle-même fumeuse. Avant le décret, elle évitait déjà de fumer les pieds dans le sable. Dans le cas inverse, « j’avais toujours une petite bouteille avec de l’eau au fond pour mettre mes mégots ».
Car voilà en effet l’un des objectifs de ces nouveaux espaces sans tabac : préserver l’environnement, en limitant les déchets liés aux mégots. « Ma fille en trouvait tout le temps quand elle jouait dans le sable, en creusant avec sa pelle », raconte Priscilla, en désignant son enfant en pleine construction de château de sable. « Il y en a tout de même moins », assurent de leur côté Aziliz et Madina, 20 ans. Et excepté l’un de leurs voisins de serviette qui n’a pas pu s’empêcher de fumer pendant qu’elles se faisaient dorer la pilule, « on n’a pas trop vu de personnes qui fumaient », constatent les deux Bretonnes en vacances en Île singulière. « Même en tant que fumeuse, l’odeur me dérange », renchérit Aziliz.
Sur les plages privées, la règle s’applique aussi
Sur les plages privées qui jalonnent le littoral sétois, quelques clients, comme Franck, portent une cigarette à leur bouche. « En étant sur une paillote, je pensais avoir le droit mais c’est vrai que c’est la même chose que lorsqu’on est les fesses sur la plage », lance ce dernier qui a pris l’habitude de se déplacer avec son cendrier de poche. Pourtant, à la suite de la parution du décret, le gouvernement a assuré qu’il n’est « pas possible de fumer dans un restaurant ou un bar se trouvant sur une plage couverte par l’interdiction ». Une notion encore floue pour de nombreux clients.
À l’instar de Mélissa et Vanessa qui pensaient pouvoir tranquillement s’allumer une cigarette, allongées sur leur chaise longue. Avant qu’un employé de la paillote ne leur signale l’interdiction. « C’est sûr qu’on préférerait rester sur notre transat mais je valide totalement », lancent les deux cousines, venues d’Avignon. Et d’ajouter : « Pour les prochaines qu’on fumera, on se lèvera. Ça ne nous pose pas de problème. »



