Aux Seychelles, le tourisme pâtit de sa dépendance aux compagnies aériennes du Moyen-Orient
Seychelles : le tourisme freiné par les compagnies du Golfe

Une affluence en berne

Les Seychelles, archipel de l'océan Indien réputé pour ses plages paradisiaques, connaissent une baisse notable de leur fréquentation touristique. Après des années de croissance soutenue, le nombre de visiteurs a chuté de 12% au premier trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025. Cette tendance inquiète les autorités locales, qui tirent la sonnette d'alarme sur la dépendance excessive du pays vis-à-vis des compagnies aériennes du Moyen-Orient.

Un modèle vulnérable

Le tourisme représente près de 70% du PIB des Seychelles et constitue le premier employeur du pays. Or, plus de 80% des touristes arrivent par avion, et une grande majorité emprunte les vols des compagnies du Golfe, comme Emirates, Qatar Airways ou Etihad. Ces transporteurs assurent des liaisons essentielles entre l'archipel et les hubs de Dubaï, Doha ou Abou Dabi. Cependant, cette dépendance expose les Seychelles à des risques géopolitiques et économiques.

La récente montée des tensions au Moyen-Orient a entraîné une hausse des prix du carburant et des surcoûts pour les compagnies aériennes, qui ont répercuté ces augmentations sur les billets. Résultat : le coût des voyages vers les Seychelles a grimpé, dissuadant une partie de la clientèle européenne et asiatique. Par ailleurs, la concurrence d'autres destinations comme les Maldives ou Maurice, qui diversifient leurs liaisons aériennes, accentue la pression sur l'archipel seychellois.

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Des pistes pour sortir de l'ornière

Face à ce constat, le gouvernement seychellois cherche à diversifier ses sources de fréquentation. Des accords sont en cours avec des compagnies africaines et asiatiques pour ouvrir de nouvelles routes. L'objectif est de réduire la part des transporteurs du Golfe à 60% d'ici 2030. Parallèlement, les autorités misent sur le tourisme domestique et régional, en encourageant les visiteurs en provenance d'Afrique de l'Est et du Sud.

Le développement d'infrastructures hôtelières plus abordables et la promotion d'un tourisme durable sont également au programme. Les Seychelles espèrent ainsi attirer une clientèle moins sensible aux fluctuations des prix du transport aérien. Toutefois, ces mesures prendront du temps à produire leurs effets, et l'économie locale reste fragile à court terme.

En attendant, les professionnels du secteur appellent à une meilleure coordination avec les compagnies aériennes pour stabiliser les prix et garantir une desserte régulière. Ils soulignent que la beauté naturelle des Seychelles reste un atout majeur, mais que sans une stratégie de transport plus résiliente, l'archipel risque de voir son attractivité s'éroder durablement.

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