L'été 2026 a enregistré de très bons résultats touristiques sur le territoire de la Riviera française, avec une fréquentation soutenue aussi bien sur le littoral que dans le haut pays. Les vallées de la Bévéra et de la Roya ont particulièrement fait le plein de visiteurs, en quête de zones de fraîcheur et de baignade pour échapper aux épisodes de canicule.
Une saison contrastée, mais un haut pays résilient
Selon Gérard Spinelli, maire de Beausoleil et vice-président de la Communauté d'agglomération de la Riviera française (Carf) en charge du tourisme, « la saison a été ressentie comme contrastée sur le littoral, alors que la Roya et le haut pays ont globalement mieux résisté sur la période ». Il ajoute : « La tendance était à la recherche de sites associant patrimoine, nature et panorama. Et avec les fortes chaleurs, elle s'est orientée vers les lieux de baignade, de fraîcheur, d'altitude et de balades ombragées. »
Le Train des Merveilles a joué un rôle clé dans cette dynamique. « C'est l'un des atouts de notre territoire, qui peut jouer la carte de la complémentarité mer/montagne et génère plusieurs expériences sur le même séjour. Le train des Merveilles a eu aussi un rôle essentiel dans la diffusion des visiteurs vers la Roya et la Bévéra », souligne l'élu. Son retour a redonné le sourire aux commerçants de Tende, même si ses horaires d'arrivée, jugés « tardifs » (11 h 30), ont été critiqués par les usagers et randonneurs. Il demeure un levier touristique et territorial majeur.
Des sites naturels et patrimoniaux plébiscités
La chaleur a modifié les choix et les habitudes des visiteurs. Les villages de Breil-sur-Roya et Saorge ont été très prisés pour leurs lieux de baignade, notamment les vasques naturelles comme celle de la Carleva à Breil, ainsi que les affluents de la Roya (Bendola, Lavina, Levenza). À Sospel, les randonnées dans les gorges de la Bévéra avec cascade et le sentier botanique ont été sollicitées. Plus haut, Moulinet, Casterino (Fontanalbe, lac des Grenouilles) et la vallée des Merveilles ont offert des circuits exigeants ou plus accessibles.
À La Brigue, la chapelle Notre-Dame-des-Fontaines arrive nettement en tête des demandes. À Tende, la randonnée vers la chapelle Saint-Sauveur, le musée des Merveilles et la mine d'argent de Vallauria ont attiré. Le monastère de Saorge et le village perché de Sainte-Agnès figurent aussi au palmarès. « Notre territoire a un potentiel extraordinaire avec des paysages merveilleux et uniques, sans parler de son patrimoine ! Cet été, la chaleur a clairement modifié les choix et les habitudes des touristes, et il faudra réfléchir ces prochaines années aux zones de fraîcheur à aménager, notamment dans les villes », détaille Gérard Spinelli.
Menton, porte d'entrée, et ses atouts
À Menton, les visiteurs ont plébiscité la basilique Saint-Michel, les halles municipales, le jardin botanique du Val Rahmeh et le musée du Bastion. « Menton reste la porte d'entrée de la Riviera française, entre patrimoine, jardins et art de vivre ! Connue mondialement pour ses jardins remarquables, la Ville va travailler à leur labellisation à l'Unesco », s'enthousiasme Gérard Spinelli. Il précise que la ville « permet aussi de cheminer sur l'ensemble du territoire de la Carf, qui compte de hauts lieux du patrimoine, dont trois monuments historiques, le Trophée d'Auguste à La Turbie, la Villa d'Eileen Gray et le cabanon Le Corbusier à Roquebrune et le monastère de Saorge ». L'objectif est de « favoriser la découverte du patrimoine tout au long de l'année et bien accompagner les visiteurs dans les bureaux d'information touristique du territoire ».
Côté hôtellerie, Nicolas Flament, président de l'Umih Menton Roya Riviera, note que l'avant-saison (mai et juin) a été la plus remarquable, suivie d'un « mois de juillet meilleur qu'août ». Les établissements affichaient des taux d'occupation compris entre 85 % et 100 %, avec des pointes de 97 % à 99 % pour certains. Le retour de la clientèle internationale est solide : l'Italie représente 24 % des nuitées, l'Allemagne 7 %, la Suisse 5 %, la Grande-Bretagne 4 %, l'Espagne 3 %, la Suède 3 %, les Pays-Bas 3 %, la Belgique 1 %, la Norvège 1 %. Les clientèles long-courrier reviennent (États-Unis 4 %, Canada 1 %), et le tourisme local/régional progresse de +22 % pour les nuitées PACA. Cependant, le panier moyen a baissé dans la restauration et le commerce local, et le mois d'août a été plus inégal sur le littoral. « Une grande majorité des hôtels mentonnais a été rénovée ces dernières années, tenant leurs promesses d'améliorer l'offre touristique en ville. Mais cela doit aussi passer par des plages de meilleure qualité », martèle Nicolas Flament.
Une arrière-saison prometteuse
Septembre et octobre s'annoncent comme de véritables temps forts touristiques, avec une dynamique « excellente », voire « supérieure à l'année dernière », selon Nicolas Flament. Les visiteurs d'arrière-saison sont plus disponibles et plus exigeants : couples, retraités et seniors actifs, familles avec jeunes enfants, randonneurs et clientèles internationales. Dans le haut pays, la saison restera bonne tant que la météo sera favorable et que le Train des Merveilles circulera (tous les jours en septembre, les week-ends en octobre). La fermeture du tunnel de Tende à partir du 4 octobre pourrait toutefois avoir des incidences.



