Une innovation biarrote pour soulager les propriétaires d'animaux
Implantée à Biarritz, la jeune pousse Payshift travaille sur une solution de paiement qui pourrait transformer radicalement l'expérience des propriétaires d'animaux chez le vétérinaire. Son ambition est claire : supprimer l'obligation d'avancer les frais médicaux grâce à une carte bancaire intelligente directement reliée à l'assureur.
Un processus simplifié et accéléré
« On permet de régler directement en moins de deux minutes, alors qu'aujourd'hui les remboursements prennent en moyenne cinq à six jours », explique Simon Garito, cofondateur de Payshift. Le fonctionnement est d'une simplicité remarquable : lors d'une consultation, l'assuré scanne simplement sa feuille de soins et sa facture depuis son smartphone.
Grâce à une technologie de reconnaissance optique de caractères (OCR) couplée à des algorithmes d'intelligence artificielle, la prise en charge est calculée instantanément. Le montant couvert par l'assurance est alors crédité sur une carte virtuelle dédiée, permettant de solder immédiatement la facture auprès du professionnel de santé.
Un modèle tripartite gagnant-gagnant
Ce système repose sur une architecture à trois piliers :
- L'assureur finance directement la dépense vétérinaire
- La clinique ou le cabinet reçoit son paiement sans délai
- Le propriétaire de l'animal n'a plus à avancer la part couverte par son contrat
Selon l'entreprise, ce mécanisme présente des avantages supplémentaires significatifs. Il contribuerait à réduire les risques de fraude en évitant que les fonds transitent par le compte de l'assuré. Parallèlement, il accélère considérablement le traitement administratif des dossiers, simplifiant la vie de toutes les parties prenantes.
Une réponse à la flambée des coûts vétérinaires
Cette innovation arrive dans un contexte de hausse continue des frais vétérinaires, « de l'ordre de 5 à 10 % par an ». Certaines interventions peuvent atteindre des montants très élevés : plusieurs centaines voire milliers d'euros pour un chien, et jusqu'à 1 000 euros pour un chat.
« Le jour où le vétérinaire présente une facture de 1 500 euros, beaucoup de propriétaires ne peuvent tout simplement pas la payer », souligne Simon Garito. L'enjeu financier est donc loin d'être anecdotique pour les foyers français.
Déploiement progressif et ambitions européennes
Bien que déjà fonctionnelle, la solution de Payshift est encore en phase de déploiement. Elle est actuellement testée auprès de premiers partenaires, dont les identités devraient être dévoilées dans les prochains mois. Les premiers contrats signés concerneraient environ 200 000 animaux assurés.
L'entreprise, qui emploie cinq personnes dont trois cofondateurs, garde son siège principal à Biarritz mais affiche des ambitions continentales. « On retrouve les mêmes caractéristiques de marché aux Pays-Bas, en Angleterre, en Allemagne avec des acteurs qu'on peut équiper avec notre solution », avance Simon Garito, envisageant déjà une expansion internationale.
Cette innovation technologique positionne Payshift à l'intersection de plusieurs secteurs en mutation : la santé animale, les services financiers et la transformation numérique des processus administratifs. Elle illustre comment les start-ups françaises peuvent apporter des réponses concrètes aux défis du quotidien des citoyens.



