AMI, la pépite française de l'IA, réalise une levée de fonds historique d'un milliard de dollars
La start-up AMI, cofondée par le célèbre chercheur français en intelligence artificielle Yann LeCun, a officialisé ce mardi une levée de fonds monumentale d'un milliard de dollars, soit environ 890 millions d'euros. Cette manne financière exceptionnelle est destinée à accélérer le développement de modèles d'intelligence artificielle révolutionnaires, capables de comprendre et d'interpréter le monde physique qui nous entoure, à l'instar des capacités cognitives humaines et animales.
Un tour de table impressionnant mené par des géants industriels et technologiques
Cette première levée de fonds, orchestrée par cinq fonds d'investissement prestigieux, a su attirer un consortium d'investisseurs de premier plan. Parmi les grands groupes qui ont participé à cette opération figurent des poids lourds comme le constructeur automobile japonais Toyota, le spécialiste des puces électroniques Nvidia et le géant sud-coréen de l'électronique Samsung. L'opération a également séduit des personnalités emblématiques de la tech, à l'image de l'ancien PDG de Google, Eric Schmidt, et du fondateur d'Amazon, Jeff Bezos, démontrant l'intérêt majeur que suscite cette initiative française.
Valorisée à près de 3 milliards d'euros avant même cette levée, l'entreprise AMI est dirigée par Alexandre Lebrun, ancien directeur général de la start-up française de santé Nabla. Yann LeCun, quant à lui, occupe le poste de président non-exécutif. Bien qu'ayant son siège social à Paris, AMI dispose déjà d'une présence internationale avec des bureaux à New York, Montréal et Singapour, témoignant de son ambition mondiale dès le départ.
Une accélération des recrutements et une équipe renforcée
Cette injection massive de capitaux va permettre à AMI d'accélérer considérablement son développement. « À très brève échéance, on va être entre 20 et 30 collaborateurs », a précisé Yann LeCun lui-même, annonçant ainsi une phase de recrutement intensive. Le chercheur français, lauréat en 2018 du prestigieux prix Turing – souvent considéré comme l'équivalent du Nobel en informatique – avait annoncé en novembre quitter Meta, où il a passé douze années fructueuses à diriger la recherche en intelligence artificielle.
L'équipe de direction s'est par ailleurs renforcée avec l'arrivée de Laurent Solly, ancien vice-président Europe chez Meta, qui a rejoint AMI en tant que responsable des opérations. Cette convergence de talents expérimentés issus des plus grandes entreprises technologiques mondiales confère à la start-up une crédibilité et une expertise remarquables.
Les « world models » : une nouvelle frontière pour l'intelligence artificielle
Avec ses cinq cofondateurs, Yann LeCun entend désormais « passer à la vitesse supérieure » dans le développement de ce qu'il appelle les « modèles du monde » ou « world models ». Ces systèmes représentent une approche fondamentalement différente des modèles de langage (LLM) qui sous-tendent les agents conversationnels populaires comme ChatGPT ou Gemini. Alors que les LLM excellent dans la manipulation du langage, les « world models » sont conçus pour appréhender le fonctionnement intrinsèque du monde physique, « à la manière des animaux et des humains », comme l'a souligné le chercheur.
La feuille de route d'AMI est claire : « se concentrer sur la recherche et le développement la première année », avant d'engager des travaux sur des applications industrielles concrètes l'année suivante. L'objectif à moyen terme, d'ici trois à cinq ans, est ambitieux : « produire des systèmes intelligents un peu universels qui pourraient être utilisés pour à peu près n'importe quelle application qui nécessite des machines intelligentes ». Les domaines d'application prioritaires identifiés incluent notamment la conduite autonome des véhicules et la robotique avancée.
Yann LeCun, qui conserve parallèlement son poste de professeur à l'université de New York, n'a jamais caché ses réserves vis-à-vis de l'engouement excessif autour des LLM. « Je suis très clairement dans le camp du changement de paradigme », a-t-il réaffirmé avec conviction, positionnant ainsi AMI à l'avant-garde d'une nouvelle ère pour l'intelligence artificielle, centrée sur la compréhension du monde réel plutôt que sur la seule génération de texte.



