Dans un rapport publié ce mercredi, la Cour des comptes préconise un retour à l'équilibre des comptes de la Sécurité sociale d'ici quatre ans, soit à l'horizon 2030. Cette feuille de route, qui vise à résorber un déficit persistant, s'appuie sur une série de mesures structurelles et une maîtrise renforcée des dépenses de santé.
Un déficit qui se creuse
Le déficit du régime général de la Sécurité sociale, qui comprend la branche maladie, la branche accidents du travail, la branche famille et la branche vieillesse, devrait atteindre 18,5 milliards d'euros en 2026, selon les prévisions de la Cour. Ce chiffre, en hausse par rapport aux années précédentes, s'explique par une croissance des dépenses de santé plus rapide que celle des recettes, notamment en raison du vieillissement de la population et de l'augmentation des affections de longue durée.
Les recommandations de la Cour
Pour inverser la tendance, la Cour des comptes propose plusieurs pistes. Elle suggère notamment de renforcer l'efficience du système de soins en développant les alternatives à l'hospitalisation, en favorisant les prescriptions de médicaments génériques et en optimisant les parcours de soins. Elle préconise également une meilleure coordination entre les acteurs de santé et une réduction des dépenses de gestion.
Sur le volet recettes, la Cour estime qu'une augmentation des prélèvements obligatoires n'est pas souhaitable dans le contexte économique actuel. Elle privilégie plutôt des mesures de lutte contre la fraude sociale et fiscale, ainsi qu'un élargissement de l'assiette des cotisations. La réforme des retraites, qui prévoit un relèvement progressif de l'âge de départ, devrait également contribuer à améliorer l'équilibre financier à long terme.
Un calendrier serré
La Cour des comptes fixe un objectif ambitieux : un retour à l'équilibre en 2030. Pour y parvenir, elle appelle le gouvernement à agir rapidement et à inscrire ces mesures dans le cadre du prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Les magistrats de la rue Cambon soulignent que des efforts supplémentaires seront nécessaires chaque année pour réduire le déficit de près de 5 milliards d'euros par an.
Ce rapport intervient alors que le gouvernement prépare son budget pour 2027, et que la question de la soutenabilité des dépenses sociales reste au cœur des débats politiques. La ministre de la Santé a déjà indiqué qu'elle prendrait en compte ces recommandations, tout en rappelant la nécessité de préserver la qualité des soins et l'accès aux droits pour tous les assurés.
Les syndicats, de leur côté, se montrent réservés. Ils craignent que ces mesures ne se traduisent par une dégradation des conditions de travail des soignants et par une baisse des remboursements pour les patients. La CFDT dénonce une approche trop comptable de la santé, tandis que la CGT réclame une augmentation des cotisations patronales pour financer la protection sociale.
Un débat qui s'annonce vif
Le débat sur l'avenir de la Sécurité sociale promet d'être animé dans les semaines à venir. La Cour des comptes, en proposant un plan de retour à l'équilibre, entend donner une feuille de route claire aux pouvoirs publics. Reste à savoir si le gouvernement et les partenaires sociaux parviendront à s'accorder sur les mesures à mettre en œuvre pour garantir la pérennité de notre système de protection sociale.



