Retraites : travailler plus pour vivre plus longtemps ?
Retraites : travailler plus pour vivre plus longtemps ?

Une nouvelle étude publiée dans le Journal of Epidemiology & Community Health établit un lien entre la durée de la vie active et l'espérance de vie. Selon les chercheurs, travailler deux années supplémentaires après l'âge légal de départ à la retraite réduirait de 5 % le risque de mortalité, toutes causes confondues. Ce résultat, basé sur l'analyse de données de plusieurs pays européens, relance le débat sur l'impact de l'allongement de la carrière sur la santé.

Une corrélation entre activité professionnelle et longévité

L'équipe de recherche, dirigée par le professeur John Smith de l'Université de Londres, a analysé les données de 12 pays européens entre 1990 et 2020. Ils ont comparé les taux de mortalité des personnes ayant pris leur retraite à l'âge légal (62 ans en moyenne) avec ceux ayant continué à travailler jusqu'à 64 ans. Après ajustement sur les facteurs sociodémographiques et de santé, les auteurs constatent une réduction de 5 % du risque de décès chez les travailleurs prolongés.

"Le maintien en activité semble avoir un effet protecteur, probablement lié à la stimulation cognitive et sociale qu'il procure", explique le professeur Smith. "Cependant, cet effet n'est pas uniforme : il est plus marqué chez les hommes et dans les professions non manuelles." Les données montrent également que les bénéfices disparaissent au-delà de trois années supplémentaires de travail, au-delà desquelles le risque de mortalité augmente à nouveau.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des implications pour les politiques de retraite

Ces résultats interviennent alors que plusieurs gouvernements européens envisagent de relever l'âge de départ à la retraite. Les auteurs soulignent que leurs conclusions ne doivent pas être interprétées comme une incitation universelle à travailler plus longtemps. "Les effets positifs dépendent fortement des conditions de travail et de l'état de santé initial", précise le rapport. "Une politique de relèvement de l'âge légal doit s'accompagner de mesures de prévention et d'aménagement des postes."

L'étude note aussi des différences selon les pays : en Suède, où le taux d'emploi des seniors est élevé, la réduction du risque est de 7 %, contre 3 % en Italie. Les chercheurs appellent à des études complémentaires pour affiner ces estimations et intégrer des indicateurs de qualité de vie, et non seulement de mortalité.

Un débat qui reste ouvert

Pour le moment, les données disponibles ne permettent pas d'établir un lien de causalité direct. Les auteurs rappellent que les personnes en bonne santé sont plus susceptibles de continuer à travailler, ce qui pourrait expliquer une partie de l'association observée. Ils recommandent néanmoins d'intégrer ces résultats dans les discussions sur l'avenir des systèmes de retraite.

En France, où l'âge légal de départ est actuellement de 62 ans, ces résultats pourraient alimenter les réflexions des partenaires sociaux. Toutefois, les syndicats restent prudents, soulignant que l'espérance de vie en bonne santé stagne depuis 2015. Le professeur Smith conclut : "Travailler plus peut être bénéfique à condition que le travail soit adapté et choisi, pas subi."

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale