Dans une tribune libre publiée le 30 août 2026, Philippe Pradal, ancien député des Alpes-Maritimes, conseiller municipal Horizons de Nice et conseiller départemental, appelle à une refondation de la politique familiale. Il estime que la jeunesse française, confrontée au déclassement et à la précarité, ne se sent plus au cœur des priorités nationales, ce qui compromet l'avenir du pays.
Un contrat social rompu pour les jeunes générations
Philippe Pradal s'appuie sur le rapport du Haut-commissariat au Plan sur le « grand déclassement » pour décrire une rupture du contrat social. Pour la première fois depuis la Libération, la promesse de vivre mieux que ses parents s'est évaporée. Le mérite scolaire ne suffit plus à protéger de la précarité, et le rendement des diplômes s'est érodé, créant un sentiment de déclassement chez ceux qui ne trouvent pas d'emploi à la hauteur de leurs efforts.
Les chiffres cités par l'élu sont éloquents : si un jeune sur deux est aujourd'hui diplômé du supérieur, contre un sur cinq en 1975, l'accès à l'autonomie est devenu un privilège dépendant plus du patrimoine familial que du seul travail. Pour acquérir un bien équivalent à celui de leurs parents, les jeunes doivent s'endetter sur vingt-trois ans, contre dix seulement il y a cinquante ans. S'ajoute à cela le mur du logement, qui aggrave la vulnérabilité structurelle de la jeunesse.
Les conséquences de la crise sanitaire et du vieillissement
Cette vulnérabilité a été fortement aggravée par la crise de la Covid-19. Les confinements prolongés ont provoqué un isolement délétère, altérant gravement la santé mentale, la sociabilité et les trajectoires scolaires des plus jeunes, avec une hausse critique de l'anxiété et de la détresse psychologique.
Dans ce contexte, Philippe Pradal souligne que l'attention politique portée à la sécurisation d'un système de retraite de plus en plus coûteux peut être perçue comme un signal peu encourageant. Maintenir des transferts massifs vers les générations installées sans contrepartie vers l'investissement dans la jeunesse (petite enfance, logement, insertion, santé mentale) finit par fragiliser le pacte républicain. Il rappelle l'avertissement de l'historien Pierre Chaunu dans sa contribution sur « La France ridée » : une nation qui vieillit risque de s'enfermer dans une logique de conservation au détriment de l'innovation et du renouvellement.
Une « révolution de la politique familiale » nécessaire
La France enregistre depuis peu plus de décès que de naissances. Face à ce « vertige démographique », certains, dont Jérémie Patrier-Leitus, député Horizons, plaident pour une refondation totale du modèle. Sa proposition d'une « révolution de la politique familiale », avec un versement universel dès le premier enfant, vise à restaurer la confiance des jeunes couples dans l'avenir. Philippe Pradal insiste : « Rétablir notre démographie n'est pas seulement un enjeu de natalité ; c'est la condition sine qua non de la survie de notre système de solidarité par répartition. »
L'élu réfute l'idée d'un désengagement moral de la jeunesse, y voyant plutôt le miroir d'une société qui a cessé d'être une mère pour devenir une créancière. Il conclut en citant Charles de Gaulle : « C'est sur la jeunesse que se fonde l'avenir d'un pays. » Selon lui, si la France échoue à offrir un avenir désirable aux jeunes, elle se condamne à habiter une France ridée, riche de ses souvenirs mais veuve de ses héritiers.



