Un revers pour le gouvernement sur le budget 2026
Ce jeudi 13 novembre 2025, les députés ont rejeté la suppression de l'abattement fiscal de 10 % sur les pensions de retraite, une mesure centrale du Projet de loi de finances (PLF) pour 2026. Le gouvernement espérait économiser 1,2 milliard d'euros en remplaçant cet abattement par un forfait de 2 000 euros, mais l'opposition a uni ses forces pour maintenir cet avantage fiscal.
Une mesure controversée
La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, défendait cette réforme comme un moyen de créer de la solidarité entre retraités, avec une baisse d'impôt pour 1,6 million des plus modestes et une hausse pour les autres. Cependant, l'opposition a vivement critiqué cette mesure, y voyant une attaque contre le pouvoir d'achat des retraités. Laurent Wauquiez, chef du groupe Les Républicains, a déclaré : « Il est hors de question de s'attaquer au pouvoir d'achat de ceux qui ont travaillé toute leur vie. »
Les arguments des opposants
- Le communiste Nicolas Sansu a souligné que la mesure entraînerait une hausse d'impôt dès 1 667 euros de pension mensuelle.
- Jean-Philippe Tanguy (RN) a dénoncé la transformation des retraités en « nouveaux boucs émissaires d'un système en échec. »
- À l'inverse, le député macroniste Guillaume Kasbarian a salué une proposition « courageuse » et critiqué ceux qui refusent de supprimer « l'un des nombreux avantages fiscaux des retraités » par crainte électorale.
Un contexte budgétaire tendu
Ce vote intervient après une pause de neuf jours dans l'examen du budget de l'État, marquée par le débat sur le budget de la Sécurité sociale. Mercredi, les députés ont voté la suspension de la réforme des retraites de 2023, une condition posée par les socialistes pour ne pas censurer le gouvernement. L'examen du budget de l'État reprend avec plus de 2 100 amendements à examiner sur la seule partie recettes. Le gouvernement et l'Assemblée ont acté qu'aucun vote n'aurait lieu le 17 novembre, comme initialement prévu, et l'ensemble du texte doit être transmis au Sénat d'ici le 23 novembre à minuit.
Accusations de obstruction
Le député LFI Aurélien Le Coq a accusé le gouvernement de vouloir faire traîner les débats pour éviter un vote, ce que la ministre a démenti. Certains groupes pourraient jouer la montre, comme sur le budget de la Sécu. Un cadre Renaissance a confié que « face aux horreurs votées, on n'a pas intérêt à aller au vote », préférant prendre le temps du débat.
D'autres mesures fiscales en débat
Parmi les nombreuses taxes encore à examiner figurent celle sur les petits colis, dans le contexte de la polémique autour de Shein, et la hausse des droits de timbre pour les titres de séjour, critiquée par la gauche. Avant la pause, les députés avaient adopté plusieurs impôts visant les multinationales et les superdividendes, ce que le gouvernement a qualifié de « folie fiscale ». La gauche avait échoué à faire adopter sa « taxe Zucman ».



