Publicité « Allez, 50 euros, 90, 100… 200 au téléphone. N’hésitez pas à lever la main » : le grand bal des enchères est ouvert au château varois de La Verdière. Menée par l’équipe de la maison Millon, la vente aux enchères du mobilier du château de La Verdière a débuté ce dimanche et se poursuit lundi avec 965 lots à acquérir.
Un rythme soutenu pour disperser un patrimoine exceptionnel
Les coups de marteau donnaient le ton dans la salle de bal. Cette mélodie percutante était accompagnée d’un refrain mainte fois répété : « Une fois, deux fois, trois fois, adjugé ». Il s’agissait, au rythme d’une cadence soutenue, non pas de danser mais de disperser le mobilier du château de La Verdière. Une remarquable vente aux enchères a débuté dimanche et se poursuit ce lundi, menée par la maison Millon. Ses équipes de Marseille Provence mais aussi venues de Paris et d’Italie ont depuis plusieurs mois réalisé un minutieux travail d’inventaire et de recherches. Elles ont estimé objets d’art, mobilier du XVIIIe et XIXe siècle, tableaux, lustres de Murano, pièces d’inspiration italienne… soit au total neuf cent soixante-cinq lots.
Ils ont été acquis avec passion pendant vingt ans par le propriétaire des lieux Frédéric Champavère. Il s’est résigné à se séparer de ce patrimoine dans l’optique de déclencher la vente de son château lancée il y a quatre ans. Assis au premier rang, il a pu observer un grand engouement de la part de tous les acteurs. Déjà, pendant les deux jours d’exposition, plus de 1 000 personnes étaient comptabilisées.
De 50 à 650 euros en moins d’une minute
Dans la salle de bal, les potentiels acheteurs ont pu voir deux pièces phares de la vente : la suite de huit tapisseries consacrée à Diane et Apollon, et les trois lustres de Murano. Tout commençait par l’entrée. À savoir, l’ordre des objets présentés était pièce par pièce, salle par salle (1). Une applique en métal du XXe siècle a ouvert le bal. Pas le temps de badiner et de prendre ses marques, pour ce lot n° 1, les enchères ont grimpé à vitesse grand V. « Allez, 50 euros, 60 sur le live, 80, 90, 100… 200 au téléphone. N’hésitez pas à lever la main. » La commissaire-priseur Delphine Orts adjugeait cette première vente à 650 euros. La participation variait au fil des enchères. Le crieur titillait à plusieurs reprises l’assistance. « Vous êtes venus pourquoi ? » Les ventes se multipliaient, en effet, via les plateformes en live sur internet, au téléphone ou en relais avec Millon Paris.
« Une enchère comme ça, c’est une fois dans sa vie »
Mais en direct de La Verdière, Dominique de Nice était le plus actif et goûtait son plaisir de participer à une vente aux enchères dans un château. « C’est une fois dans sa vie. » S’il se fixe une limite, « des fois je la dépasse ». Venus de l’autre département voisin, Mathilde et Christophe d’Aix-en-Provence étaient intéressés par certaines pièces sans pour autant être assurés de les acheter. Le Marseillais, Thierry a participé à la visite la veille. Ce collectionneur marche « aux coups de cœur ». Myriam et Olivier de Draguignan étaient là « en spectateurs ». Ils pensaient visiter le château. « Mais ça peut aussi être passionnant. » Pendant la première heure, 65 lots trouvaient acquéreurs. Le défi, ou plus précisément l’estimation, reposait sur 452 dans la journée. Presque autant aujourd’hui donc. Avec un éventail de base d’estimations de 10 à 100 000 euros, les coups de marteau n’ont pas fini de résonner dans le plus beau château de la Provence.
1. Entrée et escalier, cabinet des curiosités, galerie Forbin, rafraîchissoir, grand salon, salon des continents, salon bleu des Chinois, salle de bal, salle des blasons… Jusqu’à la cuisine.



