Alors que la lecture est en berne, les romans et recueils de poèmes deviennent de véritables accessoires de mode sur les réseaux sociaux. Ce paradoxe interroge : s'agit-il d'un simple effet de style ou d'un retour en grâce de l'objet livre ?
Un phénomène paradoxal
Dans un monde où la lecture de livres papier est en déclin, les publications montrant des livres comme accessoires de mode se multiplient sur Instagram, TikTok ou Pinterest. Les utilisateurs mettent en scène des ouvrages soigneusement choisis pour leur esthétique, leur couleur ou leur titre, les associant à des tenues, des intérieurs ou des voyages.
Le livre comme objet de désir
Cette tendance, baptisée "book styling" ou "shelfie", transforme le livre en icône visuelle. Les éditeurs et libraires s'emparent du phénomène, proposant des couvertures soignées et des éditions limitées. Les librairies deviennent des lieux photogéniques, et les clubs de lecture virtuels fleurissent.
Cependant, ce regain d'intérêt pour l'objet livre ne se traduit pas nécessairement par une augmentation de la lecture. Beaucoup achètent des livres pour leur apparence, sans les lire. Les statistiques montrent que le temps consacré à la lecture continue de baisser, surtout chez les jeunes.
Un signe de retour en grâce ?
Malgré ce paradoxe, certains y voient un signe positif. Le livre retrouve une place dans la culture visuelle contemporaine. Il devient un marqueur de distinction, un objet de collection, un symbole de sophistication. Les librairies indépendantes et les petites maisons d'édition en profitent, attirant une clientèle jeune et branchée.
En définitive, le livre comme icône de mode pourrait bien être le prélude à un véritable retour de la lecture. En rendant le livre désirable, on pourrait susciter la curiosité et l'envie de lire. Le phénomène mérite d'être observé avec attention.



