Expertise d'objets d'art à La Rochelle : une quête de pépites
Expertise d'objets d'art à La Rochelle : une quête de pépites

Chaque mois, Olivier Nuzzo Revol, cofondateur de la célèbre maison de vente Rossini, se rend à La Rochelle pour expertiser les biens des particuliers. Ce samedi a été particulièrement fructueux.

Une permanence mensuelle pour un service de proximité

Depuis quinze ans, une fois par mois, le cofondateur de la prestigieuse maison de vente Rossini, basée à Paris, se déplace à La Rochelle. Il tient permanence dans une petite pièce sans fenêtre d'un hôtel du centre-ville. « On a développé les estimations en région pour offrir un service de proximité. Les gens viennent pour avoir une estimation. Notre but est bien sûr de récupérer des objets pour nos ventes », résume le spécialiste. Contrairement à une idée reçue, tout le monde peut pousser la porte, même si la maison parisienne spécialisée dans les bijoux et l'art moderne entend faire du tri. Ce matin-là, il s'agit de flairer des pièces susceptibles d'intéresser des acheteurs du monde entier et d'alimenter un marché de l'art et du luxe qui se porte bien.

Une matinée d'expertises variées

Comme convenu par téléphone, Agnès est arrivée avec une dizaine d'objets hétéroclites dans un panier et une valise. Vingt minutes plus tard, elle ressort presque aussi chargée qu'à son arrivée. Seules deux poupées en tête de porcelaine et une gouache de faible valeur ont retenu l'attention du professionnel. Agnès avait aussi apporté une collection de petits chats en porcelaine, empaquetés dans du papier journal. « Des souvenirs de voyage. C'est pour une brocante, pas pour une maison de ventes », lui annonce le spécialiste. « Je suis contente parce que j'ai eu un avis d'expert. Mes parents ont acheté des petites choses tout au long de leur vie, chez Drouot par exemple. À leur décès, j'ai vidé leur appartement. Je n'avais pas envie de les jeter ou de les céder pour une bouchée de pain. En venant ici, je savais que je pouvais avoir confiance. Je me méfie des arnaqueurs », raconte-t-elle.

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Une découverte prometteuse mais un propriétaire hésitant

Jean-Claude est arrivé avec un banal sac en plastique rose sous le bras. À l'intérieur, quatre ou cinq petites boîtes à bijoux. Tous sont en or massif, comme l'atteste le poinçon. Anciens, de bonne facture. Olivier Nuzzo Revol ne laisse rien passer : il pèse, scrute à la loupe, note que l'anneau est en or blanc ou que le diamant n'est pas d'origine. Mais dans l'ensemble, c'est convaincant. Verdict : une estimation à 3 000 euros pour une montre chronomètre Lip, entre 700 et 900 euros pour une montre châtelaine de la fin du XIXe siècle, entre 1 600 et 2 000 euros pour sa chaîne, et plusieurs centaines d'euros pour une bague et une paire de danseuses en or gris avec diamant. Jean-Claude ne laisse rien paraître, mais on devine qu'il est agréablement surpris. Cependant, le vieux monsieur n'est pas venu pour vendre. Il est encore trop attaché aux bijoux de famille. « Je n'avais aucune idée de ce que ça valait. Et je ne suis pas décidé à vendre », dit-il. « Des bijoux, ça se porte ou ça se vend ! », lui glisse Olivier Nuzzo Revol, non sans une certaine frustration mais beau joueur.

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La pépite du jour : un plat signé Picasso

À cette heure de la matinée, la pêche n'est pas encore miraculeuse pour la maison parisienne. Mais pour le spécialiste, ça fait partie de la règle du jeu. En quinze ans, le directeur commercial ne regrette pas de se déplacer régulièrement à La Rochelle à la recherche de la pépite. Car forcément, il y en a, à raison de dix à trente rendez-vous à chacune de ses visites. Il égrène ses plus gros coups rochelais : un petit tableau de Moïse Kisling parti à 18 000 euros, un bracelet avec deux saphirs du Cachemire adjugé à 120 000 euros, ou encore un sautoir en or de Bulgarie et ses pierres de couleurs vendu 50 000 euros. En début de soirée, après sa journée marathon, Olivier Nuzzo Revol envoie un message accompagné d'une photo : « Pépite de la journée : un plat signé Picasso, réalisé dans les ateliers Madoura, estimé entre 8 000 et 12 000 euros. » Bingo ! Un couple s'est présenté avec une céramique exceptionnelle présente dans la famille depuis les années 60, qui comptait parmi ses membres un antiquaire connaisseur. Après l'avoir précieusement gardée pendant quelques années, ses propriétaires ont fini par franchir le pas. Cette fois encore, le déplacement valait le coup. Reste à attendre les prochaines ventes pour connaître la flambée des enchères.

Pratique. Prochaines ventes, les samedis 30 mai et 27 juin 2026. Sur réservation au 06 60 67 90 56. Plus de renseignements sur www.rossini.fr.