À 36 ans, Leïdana Abdallah prend autant de plaisir à jouer qu'à transmettre sa passion du théâtre aux jeunes Toulonnais. Avec son sourire communicatif et sa bienveillance naturelle, elle anime des ateliers pour enfants et adolescents, avec un mot d'ordre : « On s'amuse ! »
Un parcours atypique
Rien ne prédestinait la trentenaire à travailler dans le théâtre. La culture était quasi absente de son enfance. « La première fois que j'ai poussé la porte d'un théâtre, j'avais à peine dix-huit ans. J'avais acheté une place au hasard. J'en ai pleuré. C'était une révélation », confie-t-elle. Ce qui la bouleverse, c'est l'émotion que procure le théâtre : « Avec le théâtre, on a cette capacité à faire sourire les gens. »
La passion grandit, mais pour en faire un métier, il faut de la force de caractère. Leïdana en a. Elle fait des rencontres déterminantes, notamment avec Peggy Mahieu et Xavier Hérédia de la Compagnie de l'écho à Hyères. Elle y fait un peu de tout : vente de billets, accueil, communication. Mais elle manque de confiance en elle. Jusqu'au jour où elle suit des cours au Conservatoire de Toulon. « On m'a mis un texte entre les mains. Deuxième révélation ! Ces cours m'ont permis de grandir, d'être à l'aise. »
Après le Covid, un loisir devient métier. « Une agence artistique m'a contactée. J'ai passé quelques castings au culot. C'est dans mon caractère : j'y vais, j'enfonce des portes. »
Une carrière prometteuse
Leïdana obtient un rôle récurrent dans la série Grand Palais diffusée sur France TV et Canal+. Elle joue aussi dans une web-série avec la compagnie gardéenne Le Cabinet de curiosités et tourne un épisode d'Alex Hugo avec Samuel Le Bihan, diffusé fin mai. « Tout le monde m'a mis le pied à l'étrier, s'enthousiasme-t-elle. La compagnie Divine Usine de Stéphanie Slimani m'a fait confiance pour Mademoiselle Océan. On a fait le festival d'Avignon, reçu deux prix, et on est parti en tournée. C'est magique ! »
Transmettre et épanouir
Son désir de transmettre ne la quitte pas. Elle anime des ateliers enfants et ados avec l'amicale laïque de Claret, s'engage auprès des lycéens en option théâtre à Bonaparte, et envisage un atelier adulte à la rentrée. « Mon objectif, c'est de ramener l'humain au centre, leur créer un cocon. Et si ça peut les amener à débloquer des choses, à se dépasser, c'est jackpot. »
Auprès de ses élèves, elle grandit aussi, développant ses talents de pédagogue, metteur en scène et auteur. Elle se réjouit de montrer le travail de l'année : le 26 mai pour les lycéens à Châteauvallon, le 3 juin pour les ados et enfants à la salle Mozart, et un rappel le 6 à la Fête du jardin de l'amicale laïque de Claret.



